Avignon : à peine né, un bébé devient victime de cyberharcèlement raciste
Zaïd, premier bébé de l'année à Avignon, est devenu malgré lui le symbole d'une vague de haine qui traverse les réseaux sociaux. Quelques heures après sa naissance, sa famille a été submergée par des centaines de commentaires racistes suite à l'annonce de sa venue au monde par un média local. Cette affaire révèle l'ampleur croissante du cyberharcèlement ciblant les familles issues de l'immigration.
Né le 31 décembre 2025 à la maternité d'Avignon, ce petit garçon aurait dû incarner l'espoir et la joie au moment de basculer dans une nouvelle année. Lorsque La Provence a publié son arrivée sur les réseaux sociaux, le cauchemar a commencé. Des centaines de réactions haineuses se sont accumulées, ciblant directement le prénom de l'enfant et sa famille.
Des messages d'une violence inédite
Les commentaires recueillis révèlent l'étendue de la virulence des attaques. Certains internautes ont qualifié l'enfant de « petit gnoul » — référence péjorative — tandis que d'autres exprimaient le souhait qu'il n'ait pas dû naître. Des messages comparant l'enfant à un animal ou suggérant des comportements terroristes ont également circulé.
Des appels à la « remigration » de la famille se sont multipliés, transformant l'annonce joyeuse d'une naissance en tribune de discours xénophobes. Cette vague de haine en ligne révèle un phénomène croissant : le cyberharcèlement systématique ciblant des personnes et des familles sur la base de leur origine ou de leur appartenance religieuse supposée. Les réseaux sociaux sont néfastes et nous rendent méchants, mettant en lumière comment ces plateformes facilitent la propagation de la haine.
Le système de modération des réseaux sociaux, particulièrement sur des plateformes comme X (anciennement Twitter), se montre souvent insuffisant face à cette déferlante de haine. Les décisions prises par Elon Musk concernant la modération de contenu ont rendu ces espaces davantage perméables aux discours d'extrême droite.
Un soutien politique et médiatique
Face à cette attaque inédite, plusieurs personnalités politiques et médias ont exprimé leur soutien. Raphaël Arnaud, député LFI, a publiquement bienvenu l'arrivée de Zaïd et dénoncé « les racistes immenses qui attaquent un nouveau-né ».
L'affaire a même dépassé les frontières françaises. La presse algérienne s'en est emparée, qualifiant Zaïd de « plus jeune victime de la haine du monde ». Cette couverture internationale souligne le caractère universel du combat contre le racisme en ligne, un fléau qui ne connaît pas de frontières.