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Jean-Luc Brunel : l'agent de mannequins au cœur de l'affaire Epstein

Jean-Luc Brunel, figure emblématique du monde de la mode parisienne pendant plus de quatre décennies, est devenu l'un des personnages centraux de l'affaire Jeffrey Epstein. L'ancien agent de mannequins français, retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de la Santé le 19 février 2022, emporte avec lui de nombreux secrets sur l'un des plus grands scandales de trafic sexuel de l'histoire récente.

Né le 18 septembre 1946 à Paris, Jean-Luc Brunel débute sa carrière à la fin des années 1970 comme talent scout pour l'agence Karin Models, fondée par l'ancienne mannequin suédoise Karin Mossberg. En 1978, il en devient directeur et transforme cette structure locale en l'une des principales agences de mannequinat d'Europe. Son œil pour repérer les futures stars lui vaut une réputation légendaire dans le milieu. Il aurait découvert Christy Turlington, Milla Jovovich, Sharon Stone, Rebecca Romijn et Monica Bellucci.

Mais dès 1988, des ombres planent sur sa réputation. Une enquête du magazine américain 60 Minutes, menée par la journaliste Diane Sawyer, révèle des témoignages accablants de mannequins américaines. Plusieurs d'entre elles décrivent une culture où les jeunes femmes étaient régulièrement droguées et abusées sexuellement. Eileen Ford, la puissante directrice de Ford Models qui lui envoyait ses mannequins pour des missions parisiennes, rompt alors tous liens avec lui.

L'alliance fatale avec Jeffrey Epstein

C'est au début des années 2000 que le destin de Brunel bascule définitivement. Présenté au financier américain Jeffrey Epstein par Ghislaine Maxwell, qu'il avait rencontrée dans les années 1980, Brunel reçoit jusqu'à un million de dollars pour fonder MC2 Model Management. Cette agence, basée à Miami, devient selon les enquêteurs américains une façade pour le trafic de jeunes femmes.

Virginia Giuffre, l'une des principales accusatrices d'Epstein, affirme dans des documents judiciaires de 2015 que le milliardaire s'était vanté d'avoir « couché avec plus de 1000 filles de Brunel ». Dans les documents récemment déclassifiés par le département de la Justice américain, le nom de Brunel apparaît régulièrement. Il y est décrit comme le « fournisseur » de jeunes filles mineures et majeures pour le réseau Epstein. Une victime anonyme l'aurait même qualifié d'être « cent fois pire que Ghislaine Maxwell ».

Une fin brutale à la prison de la Santé

Le 16 décembre 2020, Jean-Luc Brunel est interpellé à l'aéroport Charles de Gaulle alors qu'il s'apprête à embarquer pour Dakar. Il est mis en examen pour « viols sur mineur de plus de 15 ans », « harcèlement sexuel » et « trafic d'êtres humains ». En juin 2021, une nouvelle mise en examen l'accuse d'avoir drogué et violé une jeune femme de 17 ans dans les années 1990.

Le 19 février 2022, à 4 heures du matin, les gardiens découvrent son corps sans vie dans sa cellule. L'enquête conclut au suicide par pendaison, mais cette mort soulève de nombreuses interrogations, survenant dans des circonstances troublantes rappelant celle d'Epstein lui-même, retrouvé mort dans sa cellule new-yorkaise en août 2019. Ses avocats évoquent « un homme de 75 ans broyé par un système médiatico-judiciaire » qui n'avait « cessé de clamer son innocence ».

Si son décès a éteint le volet pénal français, l'affaire se poursuit au civil. Deux femmes l'accusant de viol ont engagé une action contre ses héritiers. Une audience s'est tenue le 3 février 2025 au tribunal de Paris pour obtenir la reconnaissance du préjudice subi. Aux États-Unis, une mannequin californienne poursuit également sa succession, affirmant avoir été violée alors qu'elle n'avait que 19 ans. L'ombre de Jean-Luc Brunel continue de planer sur l'affaire Epstein et ses ramifications françaises.

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