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"Mais Jérémie, qu'est-ce que tu fais là ?" : clash en direct à l'Assemblée

La commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public a viré au pugilat verbal mardi 4 février. Le président Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a brutalement suspendu la séance après un échange particulièrement tendu avec le rapporteur Charles Alloncle (UDR), provoquant la stupéfaction des anciens ministres de la Culture auditionnés.

Les travaux de la commission d'enquête "sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public" avaient pourtant bien commencé. Quatre anciens ministres de la Culture – Rachida Dati, Rima Abdul-Malak, Roselyne Bachelot et Franck Riester – étaient auditionnés sur leur vision du service public audiovisuel. Mais l'ambiance a rapidement tourné à l'orage.

La pomme de discorde ? Le groupe Mediawan, géant français de la production audiovisuelle fondé par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton. Charles Alloncle a qualifié cette société de "détenue en majorité capitalistiquement par un fonds d'investissement américain", en référence au fonds KKR présent dans l'actionnariat.

Accusations de conflits d'intérêts

Le président de la commission a immédiatement contesté cette affirmation. "Arrêtez de nous faire croire que Mediawan est un agent de l'étranger, c'est un champion européen", a rétorqué Jérémie Patrier-Leitus. Une mise au point qui n'a pas plu au rapporteur UDR.

Charles Alloncle a alors franchi une ligne rouge en suggérant des liens entre le président de la commission et les actionnaires de Mediawan : "Que vous ayez des liens avec des actionnaires de Mediawan, vous pourrez en répondre", a-t-il lancé. Ces insinuations ont mis le feu aux poudres.

Dénonçant des "accusations très graves" à son encontre, Jérémie Patrier-Leitus a immédiatement coupé le micro du rapporteur et suspendu la séance. "Mais Jérémie, franchement, qu'est-ce que tu fais là ?", s'est exclamé Charles Alloncle, visiblement stupéfait par cette décision.

Une reprise sous haute tension

Après une dizaine de minutes de suspension, les travaux ont repris dans un climat glacial. Le rapporteur UDR n'a pas manqué de formaliser son mécontentement : "À l'avenir, monsieur le Président, je vous demanderai de ne pas me brider dans les questions que je pose, de ne pas les reformuler quand cela ne le nécessite pas et de ne pas m'accuser d'évoquer des fake news".

Cet incident illustre les tensions récurrentes au sein de cette commission d'enquête. Les échanges houleux se multiplient depuis le début des auditions. Le rapporteur est régulièrement rappelé à l'ordre par le président, qui critique sa manière de questionner les personnalités auditionnées et sa propension à se mettre en scène. La commission avait déjà connu des auditions tendues avec Léa Salamé, interrogée sur son indépendance éditoriale.

Cette séquence pose question sur la capacité de la commission à mener ses travaux sereinement jusqu'à leur terme. Les prochaines auditions s'annoncent sous haute surveillance, alors que des personnalités médiatiques et des dirigeants de l'audiovisuel doivent encore être entendus.

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