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Pétrole : hausse historique de 35 % en une semaine, un record depuis 1983

Les marchés pétroliers viennent de connaître leur semaine la plus volatile depuis plus de quarante ans. Le baril de WTI a clôturé vendredi à 90,90 dollars, enregistrant une hausse vertigineuse de 35,63 % sur cinq séances, un record absolu depuis la création des contrats à terme en 1983. Cette flambée historique intervient dans un contexte de guerre ouverte au Moyen-Orient, avec la paralysie quasi-totale des flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe.

Le Brent, référence internationale, n'est pas en reste. Il a terminé la semaine à 92,69 dollars le baril, soit une progression de près de 28 % en quelques jours et de plus de 8 % sur la seule journée de vendredi. En l'espace de cinq séances, les prix se sont renchéris de plus de 20 dollars. Depuis le début de l'année 2026, la hausse dépasse même les 30 dollars par baril.

Cette envolée spectaculaire trouve son origine dans les frappes israélo-américaines lancées le 28 février contre l'Iran. L'opération militaire, que le président Donald Trump estime devoir durer « quatre à cinq semaines », a provoqué une réaction en chaîne sur les marchés énergétiques mondiaux. « Le scénario le plus pessimiste du marché se déroule actuellement sous nos yeux », résume John Kilduff, analyste chez Again Capital.

Le détroit d'Ormuz, verrou stratégique paralysé

Au cœur de cette crise : le détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transitent quotidiennement plus de 14 millions de barils, soit un tiers des exportations mondiales de brut par voie maritime, est désormais effectivement fermé. Les principales compagnies maritimes – Maersk, MSC, CMA CGM – ont suspendu le passage de leurs navires, dissuadées par des primes d'assurance devenues prohibitives.

Selon Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, « l'impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d'offre de pétrole brut ». Une estimation qui explique la nervosité extrême des opérateurs. Les trois quarts des exportations passant par ce goulet d'étranglement approvisionnent la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud, des économies désormais sous tension.

Face à l'urgence, l'OPEP+ a réagi en augmentant sa production de 206 000 barils par jour. Une hausse jugée largement insuffisante par les analystes pour compenser les millions de barils bloqués. Dès les premières frappes, le pétrole avait bondi de 13 %, présageant une semaine noire pour l'économie mondiale.

Vers les 100 dollars, voire 120 dollars le baril ?

Les perspectives restent sombres. Bank of America estime qu'une perturbation prolongée du détroit pourrait propulser le Brent au-dessus des 100 dollars. Les analystes d'UBS vont plus loin, évoquant un scénario à 120 dollars en cas de guerre prolongée. Ces niveaux, inédits depuis 2022, menacent l'économie mondiale d'une nouvelle vague inflationniste.

Aux États-Unis, l'inflation, qui s'établissait à 2,4 % en janvier, risque de repartir à la hausse. La Réserve fédérale, qui envisageait encore récemment une baisse des taux, a mis ses projets entre parenthèses. « La situation en Iran rend la Fed encore plus réticente à baisser ses taux », a commenté l'ancienne secrétaire au Trésor Janet Yellen. Les marchés, qui anticipaient à 80 % une réduction des taux fin mars, ont ramené cette probabilité à zéro.

Le gaz naturel subit également les conséquences du conflit. Les cours ont bondi de plus de 50 % après l'annonce par QatarEnergy de la suspension de sa production de GNL, suite à des attaques iraniennes contre ses installations. Une nouvelle secousse pour des marchés énergétiques déjà sous haute tension, qui laisse présager des semaines difficiles pour les consommateurs du monde entier.

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