sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Chômage en France : pourquoi la promesse du plein emploi s'éloigne

Le taux de chômage en France a atteint 7,7% au troisième trimestre 2025, son plus haut niveau depuis quatre ans. Avec 2,4 millions de demandeurs d'emploi sans activité, l'objectif du plein emploi à 5% fixé par Emmanuel Macron pour 2027 apparaît désormais comme un mirage. Comment en est-on arrivé là ?

Les derniers chiffres de l'INSEE sont sans appel. Le taux de chômage a progressé de 0,3 point en un an, atteignant son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2021. Une tendance qui devrait se poursuivre selon les prévisions de l'institut national de statistiques, avec un taux attendu à 7,8% à la mi-2026. Loin, très loin de la promesse présidentielle.

En 2022, lors de sa réélection, Emmanuel Macron avait fait du plein emploi son ambition phare pour la fin de son second mandat. L'objectif était clair : ramener le chômage à 5% d'ici 2027, un seuil symbolique que la France n'a plus connu depuis les années 1970. Trois ans plus tard, force est de constater que cette promesse relève désormais de la « fiction politique », selon les termes de nombreux économistes.

Un marché de l'emploi fragilisé par plusieurs facteurs

Plusieurs éléments expliquent ce retournement de conjoncture. D'abord, la réduction des aides à l'apprentissage depuis février 2025 devrait entraîner la suppression d'environ 64 000 emplois d'ici la mi-2026. L'alternance avait pourtant « nettement contribué à la hausse passée de l'emploi total », souligne l'INSEE. Ce coup de frein constitue un handicap majeur pour la dynamique de l'emploi.

La multiplication des défaillances d'entreprises aggrave également la situation. Les licenciements économiques se multiplient dans un contexte de ralentissement de la croissance. Le PIB français ne devrait progresser que de 0,3% par trimestre au premier semestre 2026, un rythme insuffisant pour créer les emplois nécessaires à l'absorption des nouveaux entrants sur le marché du travail.

L'incertitude politique pèse aussi lourdement. L'impasse budgétaire que traverse le pays freine les investissements des entreprises. Les organisations patronales, Medef en tête, alertent sur la nécessité de ne pas alourdir le coût du travail, sous peine d'aggraver encore la situation de l'emploi.

Les jeunes et les femmes en première ligne

Toutes les catégories de la population ne sont pas touchées de la même manière. Les jeunes de 15 à 24 ans restent les plus fragiles avec un taux de chômage de 18,8%, même si ce chiffre a légèrement baissé sur un an. Les 25-49 ans voient leur taux progresser de 0,5 point à 7,1%, tandis que les plus de 50 ans atteignent 5,1%.

Fait notable, le chômage des femmes a bondi de 0,6 point en un an pour atteindre 7,7%, rattrapant celui des hommes resté stable. Cette évolution traduit une fragilisation particulière de l'emploi féminin dans le contexte économique actuel.

Malgré ce tableau sombre, quelques indicateurs restent positifs. Le taux d'emploi se maintient à un niveau historiquement élevé, à 69,3% de la population en âge de travailler. Le taux d'activité atteint 74,1%, porté notamment par une participation féminine croissante au marché du travail. Mais ces bonnes nouvelles ne suffisent pas à masquer l'échec de la politique de l'emploi.

La loi pour le plein emploi, entrée en vigueur en janvier 2025, a certes renforcé l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Mais elle a aussi mécaniquement élargi le décompte des chômeurs en intégrant les bénéficiaires du RSA et certaines personnes en situation de handicap. Selon un sondage Odoxa, 89% des Français qualifient désormais le bilan d'Emmanuel Macron d'« échec », et 73% désapprouvent spécifiquement son action sur le chômage.

La Commission européenne prévoit même une hausse du chômage jusqu'à 8,2% en 2027. Le plein emploi n'est plus un objectif réaliste, mais le symbole d'une ambition économique contrariée par la réalité des marchés et l'instabilité politique persistante.

sfy39587stp16