La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni prêts à frapper l'Iran
La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont publié dimanche 1er mars une déclaration commune historique dans laquelle ils se disent prêts à mener des « actions défensives nécessaires et proportionnées » pour « détruire à la source » les capacités militaires iraniennes. Une escalade sans précédent qui marque l'entrée des puissances européennes dans le conflit déclenché par les frappes américano-israéliennes sur l'Iran.
Le groupe E3, qui rassemble les trois principales puissances européennes, a averti qu'il « prendra des mesures pour défendre ses intérêts et ceux de ses alliés dans la région », y compris en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones. Cette déclaration intervient alors que l'Iran a lancé l'opération « Promesse honnête 4 », une vague de représailles massives touchant l'ensemble du Moyen-Orient.
Téhéran a en effet riposté aux opérations « Lion rugissant » côté israélien et « Fureur épique » côté américain, lancées le 28 février, en tirant des centaines de drones et de missiles balistiques. Ces frappes n'ont pas seulement visé Israël, où neuf morts ont été déplorés, mais également les bases militaires américaines situées en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Les aéroports internationaux du Koweït et des Émirats ont également été touchés.
La France mobilise ses forces dans le Golfe
Pour Paris, la situation revêt une dimension particulière. La base navale française Camp de la Paix à Abu Dhabi a été frappée par deux drones iraniens, activant de facto l'accord de défense mutuelle signé avec les Émirats arabes unis en 2009. Environ 1 000 militaires français sont stationnés dans trois bases aux EAU.
Le ministre des Affaires étrangères a exprimé le « soutien entier et la pleine solidarité » de la France aux pays ciblés, affirmant que Paris « se tient prête à participer à leur défense ». Cette solidarité s'étend à l'Arabie saoudite, au Qatar, à l'Irak, au Bahreïn, au Koweït, à Oman et à la Jordanie. En Jordanie, quatre Rafale et un drone MQ-9 Reaper opèrent déjà dans le cadre de l'opération Chammal.
La France va également renforcer sa présence navale en mer Rouge, passant de un à trois navires dans le cadre de l'opération européenne ASPIDES, mission de protection du commerce maritime. Un enjeu crucial alors que l'Iran a imposé un blocus total du détroit d'Ormuz, menaçant l'approvisionnement pétrolier mondial.
Londres autorise l'usage de ses bases, mais refuse l'offensive
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a adopté une position nuancée. Si Londres a autorisé les États-Unis à utiliser les bases militaires britanniques pour frapper des sites de missiles iraniens, le chef du gouvernement a tenu à préciser que le Royaume-Uni « ne participera pas à des actions offensives en Iran ». « Nous nous souvenons tous des erreurs commises en Irak et nous en avons tiré les leçons », a-t-il justifié.
Cette prudence n'empêche pas les Britanniques d'agir sur le terrain. Un Eurofighter Typhoon de la Royal Air Force a abattu un drone Shahed iranien qui s'approchait de l'espace aérien du Qatar. La base britannique d'Akrotiri à Chypre a elle-même été touchée par un drone iranien dans la nuit, causant des dégâts matériels sans faire de victimes.
Les trois puissances européennes qualifient les attaques iraniennes d'« aveugles et disproportionnées », dénonçant le fait qu'elles aient entraîné dans le conflit des nations qui n'avaient pas choisi cette guerre. Environ 400 000 ressortissants français résident ou transitent dans la région, tandis que des centaines de navires français ou transportant des cargaisons françaises naviguent dans le Golfe. L'Europe se retrouve ainsi au cœur d'une crise dont elle espérait rester à l'écart.