Urssaf 2026 : nouvelle hausse des cotisations pour les indépendants
Depuis le 1er janvier 2026, les travailleurs indépendants et auto-entrepreneurs français font face à une nouvelle augmentation de leurs cotisations sociales. Cette hausse, qui s'inscrit dans une réforme globale de l'assiette sociale, impacte directement 4,6 millions de personnes en France.
Les micro-entrepreneurs exerçant une activité libérale non réglementée voient leur taux de cotisations passer de 24,6 % en 2025 à 25,6 % depuis le début de l'année. Une évolution qui, bien que moins importante que les 26,1 % initialement prévus, représente tout de même une charge supplémentaire significative pour les professionnels concernés.
Concrètement, un rédacteur web freelance percevant environ 3 000 euros de chiffre d'affaires mensuel paie désormais 768 euros de cotisations par mois, contre 738 euros fin 2025. Sur trois ans, depuis 2023 où le taux était de 21,1 %, la différence s'élève à 135 euros mensuels supplémentaires.
Une réforme qui bouleverse le calcul des cotisations
À partir d'avril 2026, avec l'ouverture de la campagne de déclaration des revenus 2025, une réforme majeure entrera pleinement en vigueur. Les pouvoirs publics ont décidé d'unifier la base de calcul des cotisations sociales et de la CSG-CRDS. Le nouveau système repose sur le revenu professionnel brut, après application d'un abattement forfaitaire de 26 %, encadré par un plancher de 845,86 euros et un plafond de 62 478 euros.
« L'objectif affiché est de rééquilibrer les prélèvements sociaux en faveur des cotisations contributives », expliquent les autorités. En clair, la part de CSG-CRDS diminue au profit des cotisations retraite et maladie, permettant théoriquement d'améliorer les droits acquis par les travailleurs indépendants.
Le plafond annuel de la Sécurité sociale, qui sert de référence pour le calcul de nombreuses cotisations, passe également à 48 060 euros en 2026, soit 4 005 euros par mois. Cette augmentation entraîne mécaniquement une hausse de certaines cotisations, même à taux constant.
Des gagnants et des perdants
Si la réforme promet une amélioration des droits à la retraite, elle fait néanmoins des victimes. Les hauts revenus, dont les cotisations réelles dépassent l'abattement de 26 %, verront leur assiette sociale s'élargir. Les plus bas revenus devront quant à eux s'acquitter d'un minimum de cotisations au titre de la vieillesse.
Pour les salariés, la cotisation patronale de vieillesse déplafonnée augmente également, passant à 2,11 % contre 2,02 % en 2025. Cette hausse de 0,09 point résulte d'un échange de taux prévu par la loi de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2023.
Bonne nouvelle pour certains : les commerçants, artisans et professions libérales rattachées à la CIPAV conservent des taux stables en 2026, respectivement à 12,3 %, 21,2 % et 23,2 %. La hausse progressive qui avait fait passer les cotisations des libéraux de 23,1 % en 2024 à 24,6 % en 2025 prend fin pour ces catégories.
Une autre échéance se profile à l'horizon : le 1er juillet 2026, une nouvelle augmentation est programmée pour certaines activités, portant le taux à 26,1 %. Les travailleurs indépendants ont donc intérêt à anticiper ces évolutions dans leur gestion de trésorerie, notamment ceux qui préparent leur épargne retraite.
Autre changement majeur à venir : à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises établies en France, y compris les micro-entrepreneurs, devront être capables de recevoir des factures électroniques. Une obligation supplémentaire qui nécessitera des adaptations pour de nombreux professionnels.