Grève des médecins : le gouvernement propose des mesures pour sortir de la crise
Après dix jours de mobilisation historique, le gouvernement a dévoilé ce vendredi 16 janvier une série de mesures destinées à apaiser la colère des médecins libéraux. La ministre de la Santé Stéphanie Rist renonce notamment aux objectifs de réduction des prescriptions d'arrêts maladie, mesure phare contestée par l'ensemble des syndicats médicaux.
Le bras de fer entre les médecins libéraux et le gouvernement semble toucher à sa fin. Du 5 au 15 janvier, plus de 100 000 praticiens ont fermé leurs cabinets pour protester contre plusieurs dispositions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026. Une mobilisation inédite par son ampleur, marquée par une manifestation nationale à Paris le 10 janvier et un geste symbolique fort : 2 500 chirurgiens partis en bus vers la Belgique pour « symboliser le fait qu'on ne peut plus exercer dans ce pays ».
Des concessions sur les points les plus contestés
Face à cette fronde, le ministère de la Santé a annoncé plusieurs reculs significatifs. Premier geste d'apaisement : l'abandon du dispositif de « mise sous objectifs » (MSO) qui aurait permis de sanctionner les médecins prescrivant plus d'arrêts maladie que leurs confrères. « Ce n'est pas un recul mais une écoute des médecins », a justifié Stéphanie Rist, reconnaissant que « cette mesure assimilait tous les médecins à la fraude ».
Autre concession majeure : la suppression des articles 77 et 78 du PLFSS 2026, qui permettaient à l'Assurance maladie de baisser unilatéralement les tarifs des consultations. Pour les syndicats, cette disposition faisait « disparaître la démocratie sanitaire au profit d'une planification étatique ». Le gouvernement s'engage à abroger ces mesures « à travers le prochain vecteur législatif qui le permettra ».
Des mesures pour faciliter l'exercice médical
Au-delà des retraits, le ministère propose également des avancées concrètes. Les règles du cumul emploi-retraite seront assouplies pour les médecins exerçant dans les zones sous-dotées, permettant à des praticiens retraités de continuer plus facilement leur activité là où les besoins sont criants.
Le gouvernement annonce aussi la mise en place effective d'un guichet d'aide à l'installation des médecins, adopté dans le budget de la Sécurité sociale 2023 mais jamais concrétisé. Enfin, le dispositif « SOS IJ », visant à améliorer le suivi des arrêts de travail par l'accompagnement plutôt que la sanction, sera généralisé d'ici juin 2026.
Si le Dossier médical partagé (DMP) reste au cœur des tensions – le PLFSS prévoyait des pénalités allant jusqu'à 2 500 euros par manquement pour les praticiens ne l'alimentant pas – le ministère n'a pas encore tranché sur ce point. « Mon objectif est de recréer une confiance et un travail avec les médecins », a insisté la ministre, tout en rappelant qu'il « n'est pas question de revenir sur la maîtrise de nos dépenses ».
Les syndicats médicaux doivent désormais se prononcer sur ces propositions. La balle est dans leur camp pour décider si ces gestes suffisent à mettre fin à une crise qui a mis en lumière les profondes fractures du système de santé français.