France: grève historique des médecins libéraux : dix jours de mobilisation à partir de lundi
Les sept syndicats représentatifs de la médecine libérale appellent à une grève massive du 5 au 15 janvier 2026. Un mouvement d'une ampleur inédite qui devrait fortement perturber l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire français.
« Jamais un gouvernement n'avait accumulé autant d'attaques contre la médecine libérale en si peu de temps. » C'est par ces mots que l'intersyndicale justifie cet appel à la grève historique. La CSMF, MG France, le SML, la FMF, l'UFML-S, Avenir Spé-Le Bloc et Jeunes médecins se sont unis pour dénoncer le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026.
Les médecins pointent du doigt plusieurs mesures qu'ils jugent inacceptables. En tête de liste : les nouvelles contraintes liées au Dossier médical partagé (DMP), assorties de sanctions pouvant atteindre 20 000 euros annuels en cas de non-utilisation. La limitation des arrêts de travail à 15 jours en médecine de ville cristallise également les tensions.
Une mobilisation sans précédent attendue
Selon les premiers retours du terrain, au moins 30 000 médecins pourraient participer à ce mouvement. La Fédération de l'hospitalisation privée anticipe la fermeture de 80 % des blocs opératoires dès le 9 janvier. Une manifestation nationale est prévue à Paris le samedi 10 janvier.
Christine Bertin-Belot, médecin généraliste à Besançon et vice-présidente de l'URPS Bourgogne-Franche-Comté, qualifie le projet de « absolument scandaleux ». Elle déplore l'absence totale de concertation avec les professionnels de terrain. « Il n'y a plus de libéral avec ce qu'ils veulent mettre en place », alerte-t-elle.
Les praticiens dénoncent également la possibilité offerte à l'Assurance maladie de fixer unilatéralement les tarifs des actes médicaux. Des quotas de prescription pourraient par ailleurs être imposés, avec des pénalités de 15 000 euros pour les « surprescripteurs ». Ces mesures menacent directement l'autonomie professionnelle des médecins.
Quelles conséquences pour les patients ?
Les perturbations s'annoncent majeures. Les cabinets médicaux fermeront leurs portes, les interventions chirurgicales seront reportées et les consultations annulées. Dans un contexte où les urgences sont déjà submergées par l'épidémie de grippe, cette grève risque d'aggraver la tension sur le système de santé.
Eric Blondet, neurochirurgien à Mâcon, s'inquiète particulièrement pour les zones rurales. « Nous allons droit dans le mur », prévient-il. Le médecin redoute des fermetures définitives de cabinets dans les territoires déjà sous-dotés en professionnels de santé.
L'intersyndicale maintient la pression malgré le retrait de deux mesures initialement prévues : la baisse tarifaire unilatérale et la surtaxe des dépassements d'honoraires. Pour les syndicats, le compte n'y est pas. Ils exigent le retrait complet des dispositions jugées liberticides avant d'envisager toute reprise du dialogue.