Paris : un enseignant d'une école maternelle privée accusé d'agressions sexuelles
Un enseignant d'une école maternelle privée de Paris fait l'objet d'une enquête pour agressions sexuelles présumées sur mineurs. Plusieurs enfants auraient dénoncé des faits commis au sein de l'établissement. Cette affaire s'inscrit dans un contexte de multiplication des signalements pour violences sexuelles dans les écoles de la capitale.
Selon les informations révélées par Le Parisien, un professeur exerçant dans une école maternelle privée de Paris est visé par une enquête préliminaire pour « agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant abusé de ses fonctions ». Plusieurs enfants auraient rapporté des faits présumés à leurs parents, qui ont ensuite alerté les autorités compétentes.
L'enseignant a été immédiatement suspendu de ses fonctions par la direction de l'établissement, en attendant les conclusions de l'enquête confiée à la Brigade de protection des mineurs (BPM). Le parquet de Paris a confirmé l'ouverture d'une procédure judiciaire, sans communiquer davantage de détails sur les accusations précises formulées par les victimes présumées.
Une vague de signalements sans précédent à Paris
Cette nouvelle affaire survient dans un contexte particulièrement tendu. La procureure spécialisée sur les mineurs du parquet de Paris, Lisa-Lou Wipf, a récemment alerté sur « une recrudescence importante du nombre de signalements » pour violences sexuelles contre des enfants de moins de cinq ans dans les écoles maternelles parisiennes. Quinze enquêtes ont été ouvertes en 2025 pour ce type de faits.
Selon les chiffres de la Ville de Paris, 52 animateurs périscolaires ont été suspendus pour des « suspicions à caractère sexuel » au cours des trois dernières années. En 2025, trente suspensions d'animateurs ont été prononcées, dont seize pour des motifs liés à des violences sexuelles présumées. La magistrate précise toutefois que cette augmentation concerne « quasi exclusivement des animateurs périscolaires, et non des enseignants ».
Le rectorat de Paris a également annoncé la suspension de trois enseignants de maternelle depuis la rentrée scolaire 2025. Les faits reprochés concernent des établissements des 10e, 19e et 20e arrondissements de la capitale. Ces affaires ont déclenché des enquêtes judiciaires et administratives parallèles.
Un plan d'urgence déployé par la municipalité
Face à cette situation préoccupante, la mairie de Paris a présenté un plan d'urgence contre les violences sexuelles faites aux enfants dans les structures éducatives. « Nous avons ressenti la nécessité d'aller plus loin que les dispositifs existants », a expliqué Patrick Bloche, premier adjoint chargé de l'éducation.
Ce plan prévoit notamment la création d'un poste de défenseur des enfants, le renforcement des contrôles lors du recrutement des animateurs et une formation obligatoire de deux jours sur la prévention des violences. À partir de janvier 2026, une vaste campagne d'information sera déployée dans l'ensemble des écoles, centres de loisirs, crèches et structures sportives de la capitale.
L'objectif affiché est multiple : expliquer aux enfants leurs droits, encourager la libération de la parole et informer les familles sur les procédures de signalement. La rectrice de Paris, Julie Benetti, a assuré sa « détermination totale pour prévenir et agir contre les violences faites aux enfants ». Les associations de protection de l'enfance appellent à une vigilance accrue de l'ensemble des acteurs éducatifs.