Nvidia H200 : les fournisseurs stoppent leur production après le blocage chinois
Les fournisseurs de composants des puces d'intelligence artificielle H200 de Nvidia ont suspendu leur production cette semaine, après que les autorités douanières chinoises ont bloqué les expéditions de ces processeurs vers la Chine. Cette décision intervient alors que l'administration Trump venait d'autoriser ces exportations vers Pékin.
Selon le Financial Times, les douanes chinoises ont informé cette semaine les agents que les puces H200 de Nvidia ne sont plus autorisées à entrer sur le territoire. Cette directive intervient de manière surprenante, quelques semaines seulement après que Washington a donné son feu vert à l'exportation de ces processeurs vers la Chine.
Nvidia avait anticipé plus d'un million de commandes de clients chinois. Ses fournisseurs travaillaient en continu pour préparer les expéditions dès le mois de mars. Des géants technologiques comme Alibaba et ByteDance auraient passé commande de 200 000 processeurs chacun, dans l'attente de l'approbation de Pékin.
Un coup dur pour Nvidia sur le marché chinois
Cette décision représente un nouveau revers pour le géant américain des semi-conducteurs. Les revenus de Nvidia en provenance de Chine, Hong Kong inclus, ont déjà chuté de 45 % par rapport à l'année précédente, atteignant environ 3 milliards de dollars au dernier trimestre.
Le H200 constitue la deuxième puce IA la plus puissante du catalogue Nvidia. Elle offre des performances environ six fois supérieures à celles de la H20, désormais également bloquée. Ce processeur surpasse largement ses rivaux chinois, notamment l'Ascend 910C de Huawei.
Les responsables gouvernementaux chinois ont également convoqué les entreprises technologiques nationales pour les mettre en garde contre l'achat de ces puces, sauf en cas de nécessité absolue. Aucune explication officielle n'a été fournie sur cette directive, ni sur son caractère définitif ou temporaire.
Une guerre technologique qui s'intensifie
Cette situation illustre les tensions croissantes entre Washington et Pékin dans le domaine des semi-conducteurs et de l'intelligence artificielle. La Chine prépare parallèlement jusqu'à 70 milliards de dollars d'incitations pour soutenir son industrie locale de fabrication de puces.
"Les responsables privilégient le développement des puces domestiques, même si les processeurs chinois sont encore en retard sur les H200 pour l'entraînement des modèles d'IA à grande échelle", analyse un observateur du secteur.
Les analystes s'interrogent sur les motivations réelles de Pékin. S'agit-il d'une interdiction définitive pour favoriser les fabricants nationaux, d'une mesure temporaire en attendant de nouvelles régulations, ou d'une tactique de négociation avec Washington ? Cette incertitude pèse sur les marchés, où l'action Nvidia a reculé suite à ces annonces.
Cette nouvelle escalade intervient alors que l'intelligence artificielle en 2026 entre dans une phase cruciale de commercialisation. Les entreprises du monde entier dépendent de ces puces haute performance pour développer leurs modèles d'IA générative.