sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Taïwan se positionne comme partenaire stratégique de l'IA américaine

Taïwan et les États-Unis ont conclu un accord commercial historique ce 16 janvier 2026. L'île asiatique s'engage à investir 250 milliards de dollars dans l'industrie américaine des semi-conducteurs et de l'intelligence artificielle, en échange d'une réduction significative des droits de douane à 15%. Un partenariat stratégique qui redessine les contours de la géopolitique technologique mondiale.

L'accord représente une victoire diplomatique majeure pour Taipei. Le Premier ministre taïwanais Cho Jung-tai a déclaré : « Pour l'instant, nous avons obtenu le meilleur accord tarifaire parmi les pays ayant un excédent commercial avec les États-Unis ». Les droits de douane, initialement fixés à 32% par l'administration Trump, puis réduits à 20%, atteignent finalement un plancher de 15%.

Les termes de l'accord prévoient des exemptions spécifiques : zéro tarif sur les composants aéronautiques, les produits pharmaceutiques génériques et certaines ressources naturelles non disponibles aux États-Unis. Le secteur automobile et celui du mobilier en bois bénéficient également d'exemptions supplémentaires.

Un investissement massif dans l'écosystème technologique américain

En contrepartie de ces avantages tarifaires, les entreprises taïwanaises de semi-conducteurs, d'électronique et d'intelligence artificielle s'engagent à investir au moins 250 milliards de dollars aux États-Unis. Le gouvernement taïwanais fournira en outre jusqu'à 250 milliards de dollars de garanties de crédit pour faciliter ces investissements.

TSMC, le géant mondial de la fabrication de puces, a annoncé simultanément une augmentation de ses dépenses d'investissement pouvant atteindre 40% cette année. L'entreprise, qui a enregistré une hausse de 35% de son bénéfice net au dernier trimestre grâce à la demande en intelligence artificielle, a déjà promis environ 165 milliards de dollars d'investissements sur le sol américain et accélère la construction de nouvelles usines en Arizona.

Le président Lai Ching-te a souligné que cet accord « rapprochera encore davantage les liens économiques et commerciaux entre les deux pays ». Washington a accepté le « modèle taïwanais » permettant aux entreprises de suivre leurs propres plans d'investissement, tandis que les États-Unis s'engagent à faciliter l'acquisition de terrains et la mise en place d'infrastructures.

Pékin dénonce vivement l'accord

Sans surprise, la Chine a vivement réagi. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guo Jiakun a déclaré : « La Chine s'oppose fermement à ce que des pays entretenant des relations diplomatiques avec elle signent tout accord portant des connotations souveraines avec la région de Taïwan ». Pékin considère toujours l'île comme une province rebelle devant être réunifiée avec le continent.

L'objectif américain affiché était de rapatrier 40% de la chaîne d'approvisionnement et de la production de puces taïwanaises aux États-Unis. Le secrétaire au Commerce Lutnick avait averti que sans accord, les tarifs auraient pu grimper jusqu'à 100%. Taïwan estime qu'en 2036, la répartition de la production entre l'île et les États-Unis sera de 80/20 pour les puces avancées de cinq nanomètres et moins.

L'accord doit encore être ratifié par le parlement taïwanais. Des députés de l'opposition ont exprimé des inquiétudes quant à l'impact potentiel sur l'industrie domestique des semi-conducteurs. Mais pour Taipei, ce partenariat stratégique représente surtout une assurance face aux pressions croissantes de Pékin et une reconnaissance de son rôle central dans l'économie mondiale de l'intelligence artificielle.

sfy39587stp16