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Stupéfiants à Matignon : le conseiller agriculture de Lecornu congédié après une overdose

Le conseiller en charge des questions agricoles au cabinet du Premier ministre Sébastien Lecornu a été congédié peu avant Noël, après avoir été victime d'une overdose lors d'une soirée festive. Révélée par Le Canard enchaîné ce mercredi 18 février, l'affaire place l'exécutif dans une position particulièrement délicate, alors que le gouvernement ne cesse d'afficher une ligne de fermeté absolue contre le narcotrafic et la consommation de drogues en France.

Selon les informations du journal satirique, confirmées par les services de Matignon, Michel Stoumboff, conseiller agriculture, alimentation, pêche, chasse et forêt au cabinet du Premier ministre, a été licencié après que sa consommation de stupéfiants a été portée à la connaissance de sa hiérarchie. L'intéressé aurait été « ramassé par les pompiers » à la suite d'une overdose survenue au cours d'une soirée festive, un épisode qui lui aurait notamment fait manquer l'ouverture du Salon de l'agriculture, rendez-vous incontournable du calendrier politique français.

Un arrêté publié au Journal officiel le 16 février 2026 sur le site de Légifrance officialise discrètement la fin de ses fonctions, présentée comme intervenant « à sa demande », à compter du 17 février. Une formulation administrative classique, presque euphémistique, qui masque selon Le Canard enchaîné un licenciement pur et simple, décidé sans délai par l'entourage direct du chef du gouvernement. Le collaborateur ne fait désormais plus partie du cabinet de Matignon.

Un double discours devenu intenable

L'embarras de Matignon se mesure à l'aune du contexte politique dans lequel éclate cette révélation. Le 19 novembre 2025, lors d'un Conseil des ministres, le président Emmanuel Macron avait frontalement dénoncé « les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafics », pointant sans ambiguïté la responsabilité directe des consommateurs dans l'économie souterraine de la drogue. Un discours offensif, qui visait à élargir la lutte antidrogue au-delà des seuls trafiquants.

Un mois plus tard, le 17 décembre 2025, Sébastien Lecornu lui-même enfonçait le clou devant les sénateurs avec une déclaration qui résonne aujourd'hui comme un cruel paradoxe : « Nous devons lutter contre le narcotrafic avec le même niveau de détermination que celui avec lequel nous luttons contre le terrorisme. » Des mots forts, prononcés alors même qu'un de ses plus proches collaborateurs s'adonnait aux substances que le Premier ministre prétendait combattre.

Difficile, dans ces conditions, de « fermer les yeux », comme le reconnaissent les services de Matignon cités par l'hebdomadaire. La décision d'écarter rapidement le collaborateur fautif s'imposait pour préserver un minimum de crédibilité. L'affaire illustre néanmoins le décalage persistant entre la rhétorique gouvernementale de lutte contre le narcotrafic et certaines réalités au sein même des cercles du pouvoir.

Un cas loin d'être isolé dans la haute administration

Michel Stoumboff n'est d'ailleurs pas le seul haut fonctionnaire rattrapé par ce type d'affaire ces dernières semaines. Selon le même article du Canard enchaîné, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France a lui aussi été contraint de quitter ses fonctions pour un motif identique. Convoqué début février par la directrice générale des finances publiques, il aurait été « viré sur-le-champ » après que sa consommation de stupéfiants a été établie. Deux affaires distinctes, survenues à quelques semaines d'intervalle, qui dessinent un même malaise au sommet de l'administration française.

Du côté de Matignon, aucune précision supplémentaire n'a été communiquée sur les circonstances exactes de la découverte des faits, ni sur d'éventuelles suites judiciaires à l'encontre de l'ancien conseiller. L'affaire reste donc, à ce stade, cantonnée au plan administratif et disciplinaire. Mais elle pose une question d'image redoutable pour un exécutif qui a fait de la guerre contre la drogue l'un de ses principaux marqueurs politiques.

Dans un paysage politique où la crédibilité des responsables publics est scrutée de près par l'opinion, cette révélation du Canard enchaîné vient rappeler avec force que la cohérence entre le discours et les actes demeure le talon d'Achille de la classe dirigeante. Le poste stratégique de conseiller agriculture au cabinet du Premier ministre, essentiel à l'approche des grands rendez-vous du monde agricole, devra être rapidement pourvu pour éviter tout vide préjudiciable dans le suivi de dossiers particulièrement sensibles pour le gouvernement.

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