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L'IA consomme autant d'eau que l'industrie mondiale de l'eau en bouteille

L'intelligence artificielle a une soif insatiable. Selon une étude publiée fin 2025 par Alex de Vries, fondateur de Digiconomist, les systèmes d'IA auraient consommé entre 312 et 764 milliards de litres d'eau sur l'année écoulée. Un volume qui égale, voire dépasse, la consommation mondiale annuelle d'eau en bouteille, estimée à 446 milliards de litres.

Chaque requête adressée à une intelligence artificielle générative comme ChatGPT ou Gemini a un coût invisible : environ 50 centilitres d'eau potable, soit l'équivalent d'une petite bouteille. Cette eau sert principalement au refroidissement des datacenters, ces immenses usines numériques qui font tourner nos assistants virtuels.

L'Agence Internationale de l'Énergie estime que les datacenters ont englouti 560 milliards de litres d'eau en 2023 à l'échelle mondiale. Ce chiffre pourrait plus que doubler d'ici 2030, atteignant 1 200 milliards de litres par an. Une trajectoire vertigineuse qui inquiète les experts environnementaux.

Les géants de la tech s'installent dans les déserts

Microsoft, Google et Amazon implantent massivement leurs datacenters dans des régions déjà soumises au stress hydrique. Près de la moitié des datacenters mondiaux se trouvent aux États-Unis, et plus d'un tiers sont situés dans des zones en détresse hydraulique. En Arizona, où certaines rivières ont disparu depuis longtemps, les cactus cèdent leur place aux serveurs informatiques.

Un site Microsoft à Phoenix utilise jusqu'à 7 millions de tonnes d'eau par an, de quoi alimenter 61 000 habitants. « Pas une goutte d'eau pour les datacenters », scande Reed Spurling, militant du mouvement No Desert Data Center. À Tucson, où les températures ont grimpé de 11 degrés, cette eau pourrait servir à rafraîchir la ville plutôt qu'à refroidir des machines.

En Géorgie, un datacenter Meta ouvert en 2018 consomme 500 000 gallons d'eau quotidiennement, soit 10 % de la consommation totale du comté de Newton. Les populations locales se retrouvent en compétition directe avec les géants technologiques pour l'accès à l'eau potable.

Un manque criant de transparence

Les entreprises technologiques brillent par leur opacité sur ces questions. Amazon ne divulgue pas sa consommation d'eau. Microsoft fournit des données globales sans détailler l'usage de ses datacenters. Seul Google communique des chiffres individualisés par centre, révélant une consommation qui a triplé depuis 2016. En 2023, ses installations ont absorbé 24 milliards de litres d'eau, l'équivalent de la consommation annuelle de 453 000 Français.

Plus préoccupant encore : aucune de ces entreprises ne publie de métriques environnementales spécifiques à l'IA, alors même qu'elles reconnaissent que cette technologie est le principal moteur de leur hausse de consommation énergétique. « Il est hautement problématique que les entreprises tech partagent si peu d'informations », déplore Alex de Vries.

La situation s'annonce particulièrement critique en Afrique, continent qui connaît l'une des croissances les plus rapides en matière de datacenters. Des hubs émergent en Afrique du Sud, au Kenya, au Nigeria et au Maroc, alors que selon l'ONU, la moitié de la population mondiale en situation de pénurie d'eau sera africaine d'ici peu. L'essor de l'intelligence artificielle pose ainsi une question éthique majeure : peut-on sacrifier l'accès à l'eau potable de millions de personnes pour alimenter nos assistants numériques ?

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