Algérie-Italie : les échanges commerciaux atteignent près de 13 milliards d'euros en 2025
Les échanges commerciaux entre l'Algérie et l'Italie ont atteint près de 13 milliards d'euros en 2025, confirmant la solidité d'un partenariat économique devenu structurant en Méditerranée. L'Italie conserve ainsi sa position de premier partenaire commercial de l'Algérie, devant la Chine et la France.
Selon les données relayées par Agenzia Nova, le volume total des échanges bilatéraux s'est établi à 12,98 milliards d'euros sur l'année écoulée. Ce chiffre illustre l'intensification des relations économiques entre les deux rives de la Méditerranée, dans un contexte géopolitique marqué par la quête européenne de diversification énergétique.
La structure des échanges révèle une complémentarité économique classique. Les exportations algériennes vers l'Italie, dominées par les hydrocarbures, se sont élevées à 9,78 milliards d'euros. Le gaz naturel représente à lui seul 83 % de ce total, soit environ 8,1 milliards d'euros. Ces volumes transitent principalement via le gazoduc TransMed, infrastructure stratégique reliant l'Algérie à l'Italie à travers la Tunisie.
L'Italie renforce ses exportations vers l'Algérie
Dans le sens inverse, les exportations italiennes vers l'Algérie ont progressé de 13,8 % pour atteindre 3,2 milliards d'euros. L'Italie fournit des biens industriels à forte valeur ajoutée : équipements mécaniques, machines spécialisées, installations destinées aux secteurs de l'énergie et de la construction. Les produits pétroliers raffinés arrivent en tête avec 435 millions d'euros, en hausse de 64,2 %.
Cette dynamique positionne l'Italie comme le premier partenaire commercial de l'Algérie en valeur totale, devançant la Chine (3,285 milliards d'euros), l'Espagne (2,857 milliards) et la France (2,837 milliards). Un basculement significatif, alors que Paris occupait historiquement cette place privilégiée auprès de son ancienne colonie.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022, Rome a accéléré sa stratégie de diversification énergétique, faisant de l'Algérie un fournisseur central. En 2025, l'Algérie a fourni environ 36 % des importations italiennes de gaz par gazoduc, avec quelque 20,1 milliards de mètres cubes acheminés via TransMed.
Une coopération qui dépasse le cadre énergétique
L'été 2025 a marqué un tournant avec la signature de 13 accords intergouvernementaux lors du sommet de Rome, en présence du président Abdelmadjid Tebboune et de la Première ministre Giorgia Meloni. Ces accords couvrent la lutte antiterroriste, la gestion des flux migratoires et la coopération industrielle.
Sur le plan des affaires, le groupe italien Eni a conclu un contrat de partage de production avec Sonatrach d'une valeur de 1,3 milliard de dollars pour l'exploration et le développement d'hydrocarbures. Un accord emblématique de l'approfondissement des liens entre les deux pays, illustré également par le partenariat Stellantis-Sigit pour l'usine Fiat d'Oran.
« L'Algérie est devenue un pilier de la sécurité énergétique italienne », soulignent les observateurs. Cette réorientation des flux commerciaux méditerranéens redessine les équilibres régionaux, au profit d'une coopération italo-algérienne désormais ancrée dans la durée.