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La Chine déploie des robots humanoïdes dans ses forces de police

La Chine franchit un cap décisif dans l'intégration des robots humanoïdes au sein de ses forces de l'ordre. Depuis début 2025, plusieurs villes chinoises ont commencé à déployer des androïdes aux côtés de policiers en chair et en os, pour réguler la circulation, patrouiller dans les rues et même contrôler les frontières. Une accélération technologique sans précédent qui place Pékin en tête de la course mondiale à la robotique appliquée.

Le 10 janvier 2026, jour de la Fête de la police chinoise, la ville de Wuhu, dans la province de l'Anhui, a officiellement mis en service le ZhiJing R001, un robot policier développé par l'entreprise AiMOGA Robotics. Vêtu d'un uniforme réglementaire, d'un gilet réfléchissant et d'une casquette blanche, cet humanoïde est capable de diriger la circulation en synchronisation avec les feux de signalisation. Grâce à des algorithmes d'intelligence artificielle, il identifie de manière autonome les infractions commises par les piétons et les cyclistes et émet des avertissements en temps réel.

Wuhu n'est pas un cas isolé. À Hangzhou, le Hangxing No. 1, un robot mesurant 1,80 mètre, gère un carrefour très fréquenté du district de Binjiang. Équipé de caméras haute définition, il peut même siffler pour attirer l'attention des contrevenants. À Chengdu et Mianyang, dans la province du Sichuan, des équipes mixtes composées de robots bipèdes, quadrupèdes et à roues patrouillent désormais aux côtés des agents humains durant les heures de pointe.

De la circulation aux frontières stratégiques

L'ambition chinoise ne se limite pas à la gestion du trafic urbain. Le groupe UBTech Robotics a décroché un contrat de 264 millions de yuans, soit environ 37 millions de dollars, pour déployer ses robots Walker S2 au poste-frontière de Fangchenggang, dans la région du Guangxi, à la frontière avec le Vietnam. Ces humanoïdes de grade industriel guideront les files de voyageurs, orienteront les véhicules, répondront aux questions des touristes en plusieurs langues et surveilleront les zones sensibles.

À Shenzhen, la start-up EngineAI a fait sensation en faisant défiler son modèle PM01, pesant 32 kilogrammes, dans le quartier touristique de Nanshan. Ce robot, vendu à 88 000 yuans, soit environ 12 000 dollars, a été aperçu marchant devant deux policiers, serrant des mains et répondant à des commandes vocales. Un prix unitaire qui laisse entrevoir la possibilité d'un déploiement à très grande échelle.

Une domination industrielle mondiale

Les chiffres donnent le vertige. Selon les estimations du secteur, 90 % des 13 000 robots humanoïdes vendus dans le monde en 2025 étaient chinois, principalement fabriqués par Unitree Robotics et AgiBot. Unitree, qui a livré 5 500 unités l'an dernier, prévoit d'en expédier entre 10 000 et 20 000 d'ici la fin 2026. UBTech vise quant à elle 5 000 unités produites d'ici fin 2026 et 10 000 en 2027, destinées à l'industrie automobile, la logistique et la sécurité publique.

Le Centre de recherche du Conseil d'État chinois projette que le marché de l'intelligence incarnée atteindra 400 milliards de yuans en 2030, soit 57 milliards de dollars, et dépassera les 1 000 milliards de yuans en 2035. Plus de 150 entreprises chinoises se positionnent aujourd'hui sur le segment des humanoïdes bipèdes.

Cette offensive technologique ne va pas sans susciter des inquiétudes. Des experts comme Rodney Brooks, cofondateur d'iRobot, questionnent la pertinence de la forme humanoïde pour des tâches de maintien de l'ordre. Les associations de défense des libertés pointent les risques d'atteinte à la vie privée liés à ces machines bardées de caméras et de capteurs. « Le défi sera de définir des garde-fous éthiques pour empêcher que ces gardiens de métal ne deviennent des instruments d'une surveillance étouffante », résument plusieurs observateurs du secteur.

Si 2025 a été l'année des projets pilotes, 2026 marque le passage à l'échelle industrielle. La Chine transforme à grande vitesse les concepts de science-fiction en infrastructure urbaine quotidienne, creusant un écart technologique considérable avec le reste du monde dans le domaine de la robotique appliquée à la sécurité publique.

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