Giorgia Meloni attendue à Alger ce mercredi sur fond de crise énergétique mondiale
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, est attendue à Alger ce mercredi 26 mars 2026 pour une visite officielle décidée dans l'urgence. Face à l'instabilité croissante au Moyen-Orient et aux perturbations majeures sur les approvisionnements énergétiques mondiaux, Rome cherche à consolider son partenariat stratégique avec l'Algérie, devenue son premier fournisseur de gaz.
Cette visite intervient dans un contexte géopolitique explosif. Depuis le lancement de l'opération "Epic Fury" le 28 février dernier par les États-Unis et Israël contre l'Iran, les marchés de l'énergie sont en pleine tourmente. Le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran et les frappes contre le complexe gazier qatarien de Ras Laffan ont provoqué ce que le directeur de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, qualifie de « la plus grande menace de l'histoire pour la sécurité énergétique mondiale ».
L'Italie figure parmi les pays européens les plus exposés à cette crise. Le Qatar, dont 17 % des capacités d'exportation de GNL ont été mises hors service, représentait jusqu'ici une source d'approvisionnement importante pour la péninsule. Les experts estiment qu'il faudra entre trois et cinq ans pour rétablir pleinement les capacités du complexe de Ras Laffan.
L'Algérie, pilier de la sécurité énergétique italienne
Dans ce contexte, l'Algérie apparaît plus que jamais comme un partenaire incontournable. Premier fournisseur de gaz de l'Italie, notre pays couvre environ un tiers des besoins de la péninsule grâce au gazoduc TransMed, qui a acheminé quelque 20 milliards de mètres cubes en 2025. Le gaz naturel liquéfié algérien gagne également en importance, avec 47 cargaisons livrées à l'Italie l'an dernier, contre 31 en 2024.
Les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 14 milliards d'euros en 2025, dont 8,1 milliards concernaient le gaz naturel. Les exportations italiennes vers l'Algérie ont progressé de 13,8 % pour atteindre 3,2 milliards d'euros. « Nous sommes en contact direct avec tous les acteurs concernés », a confirmé Gilberto Pichetto, ministre italien de l'Environnement et de la Sécurité énergétique.
Les contrats d'approvisionnement entre les groupes Eni et Sonatrach arrivent à échéance en 2027. Des négociations sont en cours pour leur renouvellement, avec une possible révision des conditions et des volumes. Rome souhaite obtenir davantage de flexibilité dans ses approvisionnements pour faire face aux aléas géopolitiques.
Vers de nouveaux projets de coopération
Au-delà du gaz, plusieurs dossiers structurants seront évoqués lors de cette visite. L'ambassadeur italien à Alger a mentionné un projet de câble sous-marin reliant les deux pays, qui permettrait d'acheminer de l'électricité vers l'Europe. L'hydrogène vert figure également à l'ordre du jour, témoignant de la volonté des deux partenaires de diversifier leur coopération énergétique.
La création d'une chambre de commerce italo-algérienne est aussi en discussion. Cette initiative viserait à faciliter les échanges entre entreprises et à structurer davantage les relations économiques entre les deux pays méditerranéens.
Cette visite de Giorgia Meloni confirme le rôle central de l'Algérie dans la stratégie de sécurisation énergétique européenne. Alors que les analystes évoquent un possible baril de pétrole à 180 dollars et que l'Italie renforce son partenariat avec Alger, la coopération algéro-italienne prend une dimension stratégique sans précédent dans l'histoire des deux nations.