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Affaire Aramburu : l'avocat de la famille dénonce le « silence politique » face à l'émoi autour de Deranque

L'avocat de la famille de Federico Aramburu, ancien rugbyman international argentin assassiné en mars 2022 par deux militants d'ultradroite à Paris, a vivement dénoncé ce vendredi 20 février l'asymétrie de traitement politique entre le meurtre du sportif et l'affaire Quentin Deranque. Me Christophe Cariou-Martin qualifie « le déballage actuel » de « monstruosité violemment assénée » aux proches de la victime.

La mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans tué lors d'une rixe à Lyon le 12 février dernier, a déclenché une onde de choc politique sans précédent. Minute de silence à l'Assemblée nationale, déclarations au plus haut sommet de l'État, marche d'hommage rassemblant plus de 3 000 personnes à Lyon, réaction de l'administration Trump dénonçant la « violence politique d'extrême gauche »… La classe politique française s'est massivement emparée du sujet.

Un contraste saisissant, selon l'avocat de la famille Aramburu. « Ce bruit assourdissant, en comparaison du silence politique d'il y a quatre ans, est une monstruosité violemment assénée aux amis et à la famille de Federico Aramburu ainsi qu'à toutes les victimes, avant et après lui », a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « Le déballage actuel est à vomir. »

Le silence assourdissant de 2022

Le 19 mars 2022, Federico Martin Aramburu, 42 ans, père de trois enfants, ancien international argentin aux 22 sélections et figure du Biarritz Olympique, était abattu de plusieurs balles sur le boulevard Saint-Germain à Paris. Les tireurs présumés, Loïk Le Priol, ancien commando marine et militant du Groupe Union Défense (GUD), et Romain Bouvier, avaient vidé deux chargeurs sur le rugbyman après une altercation dans un bar.

À l'époque, ni le président Emmanuel Macron, ni la Première ministre, ni le ministre de l'Intérieur n'avaient réagi publiquement à cet assassinat commis par des militants d'extrême droite fichés pour leur dangerosité. Aucune minute de silence n'avait été observée à l'Assemblée nationale. La mère de la victime, Cecilia Aramburu, avait d'ailleurs dénoncé les « défaillances de la classe politique », estimant que « l'État et les politiques ont échoué dans leur rôle principal : garantir la sécurité des citoyens ».

Me Yann Le Bras, autre avocat de la famille, avait confié sur BFMTV en novembre 2025 que « la douleur des proches est encore très vivace », pointant deux sources de souffrance additionnelle : la longueur de la procédure judiciaire française et l'acharnement des tireurs, avec « deux pistolets, deux chargeurs vidés ».

Un procès attendu en septembre 2026

Le principal accusé, Loïk Le Priol, 31 ans, sera jugé du 7 au 28 septembre 2026 devant la cour d'assises de Paris pour assassinat. Romain Bouvier, 34 ans, comparaîtra pour tentative d'assassinat, tandis que Lyson R., compagne de Le Priol accusée d'avoir conduit Bouvier jusqu'à la victime, répondra de complicité. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait confirmé le renvoi aux assises en septembre 2025, rejetant la demande de requalification en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Dans le débat actuel, la députée Mathilde Panot avait interpellé Gérald Darmanin à l'Assemblée : « Nous ne vous avons pas entendu sur l'assassinat du rugbyman Federico Aramburu, à 2 km seulement de notre Assemblée, par des militants du GUD ! » Ségolène Royal a également dénoncé la minute de silence observée pour Deranque, qualifiant ce geste d'indigne.

Me Cariou-Martin a conclu par un appel à la responsabilité : « Trop de jeunes meurent parce que des chefs et des doctrines irresponsables les dressent les uns contre les autres. » Il dénonce « le spectacle et les appels partisans » des politiciens, une « absence de retenue, cette récupération et cette martyrisation » qui, selon lui, « se montre indigne des sacrifices de tous les inconnus qui ont œuvré pour faire de la France un État de droit ». Alors que l'affaire Deranque continue de polariser la France, le procès Aramburu, prévu en septembre, rappellera que la violence idéologique ne connaît pas de frontière partisane.

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