Bruno Retailleau s'emporte sur CNews contre LFI et la Jeune Garde
Invité de La Grande Interview Europe 1-CNews ce mercredi 19 février, Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2027, a multiplié les attaques virulentes contre La France insoumise. Le ton est monté face à Laurence Ferrari lorsque l'ancien ministre de l'Intérieur a dénoncé « une milice d'extrême gauche qui tue » en France, en référence directe à l'affaire Quentin Deranque.
L'interview, diffusée en direct depuis les studios de CNews, s'est rapidement transformée en réquisitoire. Bruno Retailleau n'a pas mâché ses mots : « Raphaël Arnault ne doit plus siéger à l'Assemblée nationale. La représentation nationale, c'est le peuple français, et c'est une honte que monsieur Arnault siège encore », a-t-il lancé avec fermeté. Le député LFI du Vaucluse est cofondateur de la Jeune Garde, organisation antifasciste dissoute en juin 2025 par décret gouvernemental, sur proposition de Retailleau lui-même alors qu'il occupait la Place Beauvau.
Le candidat à la présidentielle s'est particulièrement emporté sur la question de la reconstitution du groupuscule. « J'appelle le gouvernement à mener cette action, car la Jeune Garde a été dissoute par mes soins, mais elle se reconstitue ! Donc il faut agir », a-t-il martelé. Un nouveau réseau baptisé « Génération antifasciste : éteignons la flamme », lancé en janvier 2026 en présence de Jean-Luc Mélenchon et de Raphaël Arnault, rappelle en effet la communication de l'organisation dissoute.
L'affaire Quentin Deranque en toile de fond
Cette sortie intervient dans un contexte politique incandescent. Le 12 février dernier, Quentin Deranque, étudiant en mathématiques de 23 ans et militant nationaliste, a été violemment agressé à Lyon, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à l'Institut d'études politiques. Le jeune homme a succombé à ses blessures deux jours plus tard, victime de ce que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a qualifié de « lynchage manifeste ».
Onze personnes ont été interpellées dans le cadre de l'enquête, dont deux assistants parlementaires de Raphaël Arnault. Six des suspects identifiés sont des membres de la Jeune Garde. L'affaire a provoqué un séisme politique, isolant davantage La France insoumise. François Hollande lui-même a appelé les partis de gauche à rompre toute alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
Un cordon sanitaire contre LFI aux municipales
Bruno Retailleau a profité de cette tribune pour tracer une ligne rouge à l'approche des élections municipales de mars 2026. « Pas une seule voix ne devra aller vers une liste LFI », a-t-il assené, estimant que le parti de Mélenchon « a quitté le champ républicain ». Une position qui redessine les équilibres politiques traditionnels, puisque le président des Républicains refuse désormais le principe du front républicain automatique.
Interrogé sur l'attitude à adopter face au Rassemblement national en cas d'absence de candidat LR au second tour, Retailleau a prôné la « liberté de vote », refusant toute consigne nationale. « Les partis ne sont plus entendus et les gens sont parfaitement autonomes et libres », a-t-il justifié, rompant avec la doctrine traditionnelle du barrage républicain. « Le front républicain a volé en éclats », a-t-il conclu.
Cette interview offensive s'inscrit dans la stratégie de Bruno Retailleau depuis sa déclaration de candidature à la présidentielle 2027, le 12 février dernier. L'ancien ministre avait alors promis de ne « reculer devant rien, ni la violence, ni le politiquement correct, ni les dérives de l'État de droit ». Des propos qui avaient suscité une mise en garde d'Emmanuel Macron, rappelant qu'il faut « faire très attention à l'État de droit, parce qu'il nous garantit la possibilité de vivre libre et ensemble ».
En multipliant les coups d'éclat médiatiques, Bruno Retailleau impose son tempo dans une campagne présidentielle qui ne fait que commencer. Sa fermeté affichée sur les questions sécuritaires et son offensive frontale contre LFI dessinent les contours d'une candidature qui entend occuper tout l'espace à droite.