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Israël refuse de financer le Conseil de la paix de Trump pour Gaza

Un haut responsable du gouvernement de Benjamin Netanyahu a annoncé, samedi 22 février, qu Israël ne verserait « pas un seul dollar » au Conseil de la paix (Board of Peace) créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza. Cette décision, formellement communiquée à Washington, intervient alors que le président américain vient de promettre 10 milliards de dollars à sa propre initiative et que plusieurs pays du Golfe se sont engagés à hauteur de 7 milliards.

Selon les informations rapportées par la radio israélienne et reprises par Al Jazeera, la position de Tel-Aviv est sans ambiguïté : « Nous ne fournirons pas de fonds au Conseil de la paix. Il n y a aucune raison pour nous de financer la reconstruction de Gaza, et nous avons clairement transmis cette position à Washington », a déclaré le responsable israélien. Plus surprenant encore, cette exemption bénéficierait du consentement tacite des États-Unis.

L ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a même enfoncé le clou : « Absolument pas, et s il devait y avoir quelque chose, ce seraient des réparations versées à Israël pour le combat extraordinaire qu il a dû mener pour récupérer ses otages », a-t-il déclaré.

Un milliard de dollars pour un siège permanent

Le Conseil de la paix a été officiellement lancé par Donald Trump lors d une cérémonie à Davos, le 22 janvier 2026. L initiative, présentée comme un outil de stabilisation et de reconstruction de Gaza après le cessez-le-feu, repose sur un modèle de financement inédit : chaque pays souhaitant devenir membre permanent doit verser 1 milliard de dollars dans un fonds contrôlé par le président américain. À défaut, les États membres disposent d un mandat de trois ans renouvelable à la discrétion de Trump.

Lors de la première réunion inaugurale tenue au siège de l Institut américain de la paix à Washington, le 19 février, Trump a annoncé que les États-Unis investiraient 10 milliards de dollars dans ce fonds. L Azerbaïdjan, Bahreïn, le Kazakhstan, le Maroc, le Qatar, l Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont engagés pour un total de 7 milliards de dollars. Le plan prévoit la construction de 100 000 logements pour 500 000 résidents, avec à terme 400 000 habitations et plus de 30 milliards de dollars d investissements en infrastructures.

Une exemption qui apaise l extrême droite israélienne

La décision de ne pas contribuer financièrement a eu un effet politique immédiat en Israël. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, tous deux figures de l extrême droite, avaient exprimé de vives réserves sur l adhésion d Israël au Conseil. L exemption de la facture de reconstruction a suffi à faire taire leur opposition, permettant à Netanyahu d officialiser l entrée d Israël dans le dispositif.

Pour autant, les tensions entre Israël et le Conseil ne se limitent pas à la question financière. Tel-Aviv s oppose à la présence de représentants de la Turquie et du Qatar dans les instances dirigeantes, considérant ces deux pays comme les principaux soutiens du Hamas. Par ailleurs, selon le quotidien Haaretz, Israël refuse de laisser entrer à Gaza les technocrates du Comité national palestinien pour l administration de Gaza, un organe de 15 experts indépendants chargé de superviser la reconstruction sous l égide du Conseil.

Le Conseil de la paix compte à ce jour environ 27 pays membres, parmi lesquels l Arabie saoudite, la Turquie, l Égypte, la Jordanie et le Pakistan. Mais l enthousiasme européen reste limité : le Royaume-Uni, l Allemagne, l Italie et la France ont tous décliné l invitation. Quant à la reconstruction effective de Gaza, elle demeure un objectif lointain tant qu Israël contrôle plus de la moitié du territoire et que les estimations conjointes de l ONU, de l Union européenne et de la Banque mondiale évaluent les besoins à quelque 70 milliards de dollars, bien au-delà des promesses actuelles.

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