sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Baguettes en supermarché : 60 Millions de consommateurs tire la sonnette d'alarme

Le magazine 60 Millions de consommateurs a passé au crible 65 références de baguettes vendues dans les grandes surfaces françaises. Les résultats de cette enquête sont édifiants : excès de sel, présence d'additifs chimiques et résidus de pesticides composent le quotidien de millions de Français qui achètent leur pain au supermarché. Le classement révèle des écarts de qualité considérables entre les enseignes.

C'est un produit que les Français consomment chaque jour sans y réfléchir. La baguette de pain, symbole de la gastronomie nationale, fait pourtant l'objet d'une alerte sérieuse de la part de 60 Millions de consommateurs. Le magazine a analysé les baguettes de treize enseignes – Auchan, Carrefour, Casino, E.Leclerc, Intermarché, Lidl, Marie Blachère, Monoprix, Paul, Système U, La Mie Câline, Brioche Dorée et Banette – selon des critères rigoureux : texture, composition nutritionnelle, teneur en sel, présence de contaminants et conformité du poids.

Le constat est sans appel. Les baguettes industrielles contiennent en moyenne 0,74 gramme de sel par portion de 50 grammes, un taux jugé excessif par les experts. Le ministère de la Santé rappelle que le pain représente à lui seul environ 20 % de l'apport quotidien en sel des Français. À cette teneur excessive en sodium s'ajoute une faible quantité de fibres, estimée à seulement 1,6 gramme pour 50 grammes en moyenne.

Additifs et pesticides : ce que cachent les baguettes industrielles

L'un des enseignements les plus préoccupants de l'enquête concerne la présence d'additifs chimiques. Jusqu'à 14 additifs différents sont autorisés dans la fabrication d'une baguette blanche, qu'elle soit artisanale ou industrielle. Conservateurs, améliorants, lécithine de soja : la liste est longue. Or, le pain étant vendu en vrac, aucune obligation d'étiquetage ne contraint les fabricants à informer le consommateur de la composition réelle du produit.

Plus inquiétant encore, 60 Millions de consommateurs a détecté des résidus de pesticides dans plus de la moitié des échantillons analysés. Certaines baguettes contenaient jusqu'à cinq molécules différentes, dont la cyperméthrine, reconnue comme perturbateur endocrinien potentiel. Si les limites réglementaires ne sont pas dépassées individuellement, les experts soulèvent la question de « l'effet cocktail », dont les risques sanitaires restent encore largement méconnus.

Pour tenir les cadences de production, de nombreux ateliers en magasin recourent à des pâtes surgelées et des levées rapides. Résultat : le goût s'uniformise et la mie perd en complexité aromatique, bien loin du savoir-faire traditionnel des boulangers artisans.

Un classement qui départage nettement les enseignes

Le classement établi par le magazine révèle des écarts spectaculaires. En tête, Casino décroche la meilleure note avec 16,5 sur 20, suivi d'Intermarché avec 16 sur 20. La baguette d'Intermarché, vendue à 0,97 euro, se distingue notamment par l'absence totale de substances potentiellement toxiques. Système U et Marie Blachère complètent le podium avec des produits jugés satisfaisants.

En bas du tableau, la situation est nettement moins reluisante. Carrefour et Auchan obtiennent chacun la note de 7 sur 20, tandis que Leader Price ne fait guère mieux avec 9,5 sur 20. Lidl, malgré une baguette affichée à seulement 35 centimes, parvient tout de même à se classer en quatrième position – preuve que le prix n'est pas nécessairement un indicateur de qualité.

Face à ces résultats, les spécialistes recommandent de privilégier la « baguette de tradition française », encadrée par le décret du 13 septembre 1993, qui interdit tout additif et toute surgélation. Les seuls ingrédients autorisés sont la farine, le sel, l'eau, la levure ou le levain. Les produits issus de l'agriculture biologique constituent également une alternative intéressante, garantissant l'absence de pesticides de synthèse. Il est aussi conseillé de vérifier la mention « fabriqué sur place » plutôt que « cuit sur place », cette dernière signifiant souvent l'utilisation de pâtes industrielles surgelées.

Cette enquête rappelle que même les produits les plus banals du quotidien méritent un regard attentif. À l'heure où les alertes sanitaires se multiplient sur les produits de consommation courante, le consommateur reste le premier acteur de sa propre protection. Comparer les étiquettes, privilégier les listes d'ingrédients courtes et se tourner vers des produits labellisés demeurent les meilleures armes pour faire les bons choix au rayon boulangerie.

sfy39587stp16