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Pesticides dans les pommes : l'UFC-Que Choisir alerte et recommande quatre variétés

Trois pommes sur quatre cultivées en agriculture conventionnelle contiennent des résidus de pesticides, dont certains classés perturbateurs endocriniens. C'est le constat alarmant dressé par l'UFC-Que Choisir, qui pointe du doigt l'absence de réglementation sur les effets cocktail et oriente les consommateurs vers quatre variétés plus sûres.

Une étude menée par PAN Europe, coordination européenne d'ONG environnementales, a passé au crible 59 échantillons de pommes prélevés dans 13 pays du continent. Le résultat est édifiant : 50 d'entre eux, soit 85 %, étaient contaminés par des cocktails de pesticides. Seuls quatre échantillons, représentant à peine 7 % du total, se sont révélés totalement exempts de résidus chimiques.

Parmi les substances les plus préoccupantes identifiées, le fludioxonil arrive en tête. Ce fongicide, retrouvé dans 40 % des pommes analysées, a été classé perturbateur endocrinien par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2024. Son interdiction, initialement prévue pour 2025, reste bloquée depuis plus d'un an dans les méandres administratifs européens. « La procédure de réévaluation est au point mort », déplore l'UFC-Que Choisir dans son enquête publiée en février 2026.

Les chiffres détaillés sont tout aussi inquiétants. Dans 36 % des échantillons, des pesticides de type PFAS — ces « polluants éternels » qui persistent dans l'environnement et l'organisme — ont été détectés. Près de deux tiers des pommes (64 %) contenaient des pesticides neurotoxiques, et 71 % présentaient au moins une substance figurant parmi les plus toxiques répertoriées.

Quatre variétés à privilégier pour limiter les risques

Face à ce constat, l'observatoire des pesticides de Que Choisir a croisé ces données avec ses propres analyses. En agriculture conventionnelle, 75 % des pommes présentent un ou plusieurs résidus. En bio, ce taux chute à seulement 4 %. L'association recommande ainsi quatre variétés particulièrement rassurantes : la Gala bio, la Jazz bio, la Cameo bio et la Boskoop. Ces pommes se sont révélées quasi exemptes de résidus lors des tests.

La Boskoop, variété ancienne à la peau épaisse et à la chair acidulée, tire son épingle du jeu y compris en culture conventionnelle. Les trois autres variétés nécessitent le label biologique pour garantir un niveau de contamination minimal. L'association insiste : « Le label bio reste aujourd'hui le seul repère fiable pour éviter les pesticides de synthèse. »

Le problème dépasse la simple présence de résidus individuels. L'UFC-Que Choisir pointe un angle mort majeur de la réglementation européenne : l'absence totale d'évaluation des effets cocktail des pesticides. Lorsque plusieurs molécules se retrouvent sur un même fruit, leurs interactions peuvent amplifier considérablement leur toxicité respective. Or, depuis vingt ans, l'EFSA n'a toujours pas proposé de méthodologie pour mesurer ces effets combinés.

Des gestes simples mais insuffisants

Contrairement à une idée répandue, laver ses pommes ne suffit pas à éliminer les pesticides. Les substances pénètrent en profondeur dans la chair du fruit, rendant même l'épluchage partiellement inefficace. L'UFC-Que Choisir conseille néanmoins de tremper les pommes pendant quinze minutes dans une eau vinaigrée — un volume de vinaigre blanc pour trois volumes d'eau — avant de les consommer.

Mais cette précaution ne règle pas le problème de fond. Les nutritionnistes rappellent que les polluants alimentaires s'accumulent dans l'organisme au fil du temps. La peau de la pomme, qui concentre les polyphénols antioxydants bénéfiques pour la santé, est aussi la partie la plus exposée aux traitements chimiques. Un paradoxe qui plaide, là encore, pour le choix du bio.

L'enquête de l'UFC-Que Choisir intervient dans un contexte européen tendu. Un projet de loi omnibus, actuellement en discussion à Bruxelles, menace de supprimer l'obligation de réévaluation périodique des pesticides autorisés. Une perspective qui inquiète les associations de consommateurs et les ONG environnementales, à l'heure où les données scientifiques confirment l'ampleur de la contamination des fruits les plus consommés en Europe.

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