Assurance vie 2026 : fiscalité, frais et abattement de 4 600 €
Fonds en euros, unités de compte, frais, impôt sur les rachats avant et après huit ans, prélèvements sociaux, transmission et cas des expatriés : les règles de l’assurance-vie en 2026, avec les chiffres officiels.
En 2026, les gains d’assurance-vie restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux : la hausse de CSG ne les concerne pas. Après huit ans, ils bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple), puis d’un impôt de 7,5 % (12,8 % sur la part liée aux primes au-delà de 150 000 €).
L’assurance-vie sert à épargner à moyen terme, préparer sa retraite ou transmettre un capital. Voici ses règles en 2026.
Ceci n’est pas un conseil en investissement. Les informations de cette page sont données à titre indicatif, à partir de sources citées dans nos articles. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle. Les taux, plafonds et conditions évoluent : vérifiez-les auprès de l’établissement avant toute décision, et demandez conseil à un professionnel agréé si besoin.
Dans ce guide
Fonds en euros et unités de compte
Un contrat d’assurance-vie est une enveloppe : l’assureur place vos versements sur un ou plusieurs supports. Le fonds en euros garantit en principe le capital versé et crédite des intérêts chaque année. Les unités de compte (fonds actions, obligations, immobilier…) n’ont pas de garantie : leur valeur suit les marchés.
La plupart des contrats sont multisupports et combinent les deux. Vous pouvez retirer votre épargne à tout moment : c’est un rachat. Huit ans n’est pas une durée de blocage, mais le seuil d’une fiscalité plus douce.
Le rendement des fonds en euros en 2025
En 2025, les fonds en euros des contrats individuels ont rapporté 2,63 % en moyenne, comme en 2024, selon le rapport annuel de l’ACPR sur la revalorisation 2025, publié le 30 juin 2026. Ce taux s’entend après frais de gestion et avant prélèvements sociaux.
La moyenne cache des écarts d’au moins 0,4 point, souvent dus à des bonus liés à la part placée en unités de compte. Le même rapport situe le Livret A à 2,2 % net en 2025 et l’inflation à 0,9 %. Notre guide Livret A en 2026 détaille le livret et ses alternatives.
Les frais à surveiller
Trois frais, détaillés dans le document d’informations clés, pèsent sur le rendement.
- Frais sur versement : un pourcentage de chaque somme versée. Certains contrats n’en prennent aucun.
- Frais de gestion : prélevés chaque année. Sur les fonds en euros, 0,63 % en moyenne en 2025 selon l’ACPR. Sur les unités de compte, s’y ajoutent les frais de chaque fonds.
- Frais d’arbitrage : facturés quand vous passez d’un support à l’autre.
La fiscalité des rachats
Seuls les gains contenus dans un rachat sont imposés, pas le capital versé. Pour les versements faits depuis le 27 septembre 2017, les règles sont résumées par service-public.fr : avant huit ans, les gains subissent 12,8 % d’impôt sur le revenu, ou le barème progressif sur option. À partir de huit ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple marié ou pacsé) s’applique à l’ensemble de vos contrats, puis le taux est de 7,5 %.
Le seuil de 150 000 € porte sur les primes versées et non remboursées, tous contrats confondus, pas sur les gains : la part des gains liée à l’excédent est imposée à 12,8 %.
| Critère | Contrat de moins de 8 ans | Contrat de 8 ans ou plus |
|---|---|---|
| Abattement annuel | Aucun | 4 600 € (9 200 € en couple) |
| Impôt sur le revenu | 12,8 % ou barème | 7,5 %, ou 12,8 % au-delà de 150 000 € de primes |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 17,2 %, abattement non applicable |
Source : service-public.fr, fiche vérifiée le 15 avril 2026, primes versées depuis le 27 septembre 2017.
Exemple : célibataire, contrat de dix ans, primes sous 150 000 €. Un rachat contient 6 000 € de gains. L’assureur retient d’abord 450 € (7,5 %). Après la déclaration, l’impôt ne porte que sur 1 400 € (6 000 − 4 600), soit 105 € : 345 € vous sont rendus. Les prélèvements sociaux, eux, s’appliquent aux 6 000 € : 1 032 €.
Après un licenciement, une mise à la retraite anticipée, une invalidité ou une liquidation judiciaire, le rachat est exonéré d’impôt sur le revenu, sous conditions.
Prélèvements sociaux : 17,2 % ou 18,6 % ?
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG : sur la plupart des revenus de placement perçus en 2026, les prélèvements sociaux passent à 18,6 %. L’assurance-vie y échappe : selon la fiche de service-public.fr sur les prélèvements sociaux, vérifiée le 30 juin 2026, ses gains restent à 17,2 % (CSG de 9,2 %, CRDS de 0,5 %, prélèvement de solidarité de 7,5 %).
Avant huit ans, le total forfaitaire reste donc de 30 % (12,8 % + 17,2 %). Exception : les contrats de rente-survie et d’épargne handicap, à 18,6 %. Pour le plan d’épargne retraite, lisez notre article PER et hausse de la CSG.
La transmission au décès
Au décès, le capital va aux bénéficiaires désignés. Sa fiscalité dépend de l’âge de l’assuré lors de chaque versement, selon la même fiche de service-public.fr.
- Primes versées avant 70 ans : chaque bénéficiaire reçoit 152 500 € sans impôt. Au-delà, un prélèvement de 20 % s’applique, porté à 31,25 % sur la fraction de la part taxable qui dépasse 700 000 €.
- Primes versées après 70 ans : 30 500 € sont exonérés pour l’ensemble des contrats de l’assuré, à partager entre les bénéficiaires. Au-delà, les primes sont soumises aux droits de succession.
Le conjoint marié ou le partenaire de Pacs est exonéré.
Si vous vivez à l’étranger
Si vous vivez au Maghreb ou ailleurs, le rachat change de régime : selon impots.gouv.fr, l’assureur retient lui-même un prélèvement de 12,8 % sur les gains avant huit ans et de 7,5 % après huit ans (taux au 1er janvier 2026). Une convention fiscale entre la France et votre pays de résidence peut réduire ce taux. Aucun prélèvement social n’est dû, sur justificatif de résidence fiscale hors de France.
Pour votre convention et la taxation au décès, interrogez le service des impôts des non-résidents ou un notaire. Bien loué en France : voyez notre guide sur les impôts du non-résident.
Avant un rachat
Vérifiez la date d’ouverture
Le délai de huit ans court depuis l’ouverture du contrat, pas depuis chaque versement.
Calibrez le montant
Un rachat mêle capital et gains. Après huit ans, gardez les gains sous 4 600 € par an (9 200 € en couple) pour éviter l’impôt sur le revenu.
Demandez la dispense si vous y avez droit
Revenu fiscal de référence sous 25 000 € (50 000 € en couple) : demandez la dispense du prélèvement avant le 30 novembre de l’année précédente.
Questions fréquentes
L’argent est-il bloqué pendant huit ans ?
Non. Le rachat est possible à tout moment ; avant huit ans, l’impôt est seulement plus élevé.
La hausse de la CSG de 2026 touche-t-elle mon assurance-vie ?
Non. Les gains d’assurance-vie restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026, contre 18,6 % pour la plupart des autres placements.
Est-ce plus intéressant que le Livret A ?
En 2025, une fois les 17,2 % de prélèvements sociaux déduits, le fonds en euros moyen a fait à peu près jeu égal avec le Livret A. Le livret reste l’épargne de précaution : voyez notre article Livret A saturé : les vraies pistes.
Journal des modifications
- Mis à jour : première publication, le