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Air Express Algeria inscrite sur la liste noire de l'UE : une première pour l'Algérie

L'Union européenne vient d'inscrire Air Express Algeria sur sa liste noire des compagnies aériennes interdites d'opérer dans son espace aérien. Cette décision, officialisée lors de la 48e mise à jour de la liste communautaire de sécurité aérienne en juin 2026, constitue une première historique pour l'Algérie, dont aucune compagnie n'avait jusqu'alors fait l'objet d'une telle interdiction.

La compagnie basée à l'aéroport Krim Belkacem de Hassi Messaoud, spécialisée dans le transport de personnel pour l'industrie pétrolière et gazière, se voit désormais interdire tout vol vers, depuis, ou au-dessus du territoire des vingt-sept États membres. Cette sanction intervient après une série de manquements graves identifiés par l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) dès décembre 2025, et restés sans correction satisfaisante malgré plusieurs mois de procédure.

Au cœur des griefs retenus contre Air Express Algeria figurent des lacunes majeures dans la formation de ses pilotes. L'AESA a notamment relevé l'absence de programme de formation détaillé, l'inexistence de registres d'exercices en vol, et l'impossibilité pour la compagnie de fournir des preuves vérifiables de conformité aux normes internationales établies par l'Organisation de l'aviation civile internationale. Huit anomalies distinctes avaient été identifiées, pour lesquelles les mesures correctives proposées ont été jugées insuffisantes.

Des violations réglementaires multiples et une supervision défaillante

Les investigations ont également mis en lumière des violations réglementaires supplémentaires, notamment l'exploitation d'évacuations médicales sans autorisation appropriée. Ces opérations étaient classées à tort sous les règles de l'aviation générale alors qu'elles relevaient du transport aérien commercial, un détournement réglementaire qui aggrave le dossier de la compagnie algérienne.

L'Agence nationale de l'aviation civile algérienne (ANAC) n'est pas épargnée par les critiques européennes. Un audit de l'OACI a révélé que seulement douze pour cent des mesures correctives convenues par l'autorité algérienne avaient été effectivement mises en œuvre, dans des domaines aussi cruciaux que les opérations aériennes, les licences du personnel navigant et la navigabilité des appareils. Cette situation rappelle les récentes tensions entre le Nigeria et Royal Air Maroc concernant le respect des réglementations aériennes.

Lors de l'audition du 19 mai 2026 à Bruxelles, les déclarations contradictoires entre l'ANAC et Air Express Algeria ont définitivement entamé la confiance des autorités européennes. Tandis que le régulateur algérien affirmait que tous les problèmes étaient résolus, la compagnie reconnaissait que les mesures correctives ne seraient terminées qu'en fin d'année. Cette incohérence a pesé lourd dans la décision finale du Comité de la sécurité aérienne de l'UE.

Un impact limité pour les voyageurs mais un signal fort pour l'Algérie

Fondée en 2002, Air Express Algeria n'opérait aucune ligne régulière vers l'Europe à destination du grand public. Ses activités se concentraient sur le transport de personnel pour les compagnies pétrolières et gazières opérant dans le sud algérien, les évacuations sanitaires, le transport VIP et le cargo léger. Les liaisons aériennes entre la France et l'Algérie, assurées par Air Algérie, Transavia, ASL Airlines ou Volotea, ne sont donc pas affectées par cette décision.

Néanmoins, l'inscription sur la liste noire représente un camouflet symbolique pour l'Algérie, qui voit pour la première fois l'une de ses compagnies frappée d'une telle sanction. À ce jour, aucune réaction officielle n'a été enregistrée de la part du gouvernement algérien, d'Air Express Algeria ou des régulateurs aériens du pays. Ce silence contraste avec les mesures de sécurité drastiques imposées en France lors d'événements météorologiques exceptionnels.

La mise à jour de juin 2026 porte à cent cinquante-quatre le nombre de compagnies aériennes interdites ou restreintes dans l'espace aérien européen, provenant de vingt et un pays différents. Les flottes entières de seize États restent bannies, parmi lesquels l'Afghanistan, la Libye, le Népal et le Zimbabwe. Vingt-deux compagnies russes demeurent également sur cette liste depuis les sanctions liées au conflit en Ukraine.

Dans un contraste saisissant, le Kirghizstan a vu toutes ses compagnies retirées de la liste noire lors de cette même mise à jour, récompensant vingt années d'efforts intensifs pour améliorer sa supervision de la sécurité aérienne. Cette success story illustre qu'une sortie de la liste reste possible, à condition d'engager des réformes structurelles profondes et durables de la gouvernance aéronautique nationale.

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