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Fitch : la France garde son A+, mais la perspective passe à négative

Fitch Ratings a confirmé vendredi 30 octobre 2026 la note A+ de la France, mais a fait passer la perspective de stable à négative. Cette décision, rendue publique en fin de soirée, intervient sept jours après Moody's, qui avait lui aussi gardé sa note tout en maintenant une perspective négative. L'agence américaine invoque une croissance plus faible, un nouveau dérapage budgétaire et des taux d'emprunt plus élevés.

Selon l'AFP, reprise par Boursorama à 23 h 37, Fitch évoque une « détérioration » de la situation budgétaire et des taux d'emprunt du pays. Investing.com précise qu'il s'agit d'une révision non programmée, et cite la formule de l'agence : une « détérioration significative du profil de crédit du pays depuis sa précédente évaluation en août ». La dernière notation, fin août, avait en effet conservé à la fois la note et la perspective stable, et décrit une économie « résiliente », rappelle Sud Radio.

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Concrètement, la note ne bouge pas : la France reste notée A+. C'est le signal qui change. Une perspective négative indique que, dans les mois ou les années qui viennent, une baisse de la note devient plus probable qu'une hausse. Fitch n'annonce pas de baisse, mais son changement de perspective met la trajectoire des finances publiques sous surveillance.

Dette, intérêts et croissance : les chiffres de Fitch

D'après Economie Matin, Fitch prévoit une dette publique d'environ 124 % du PIB en 2028, contre 115,7 % fin 2025. La charge d'intérêts passerait de 2,5 % du PIB en 2025 à 3,3 % en 2028. Selon Investing.com, l'agence estime à 3,5 % du PIB l'ajustement budgétaire cumulé nécessaire pour stabiliser la dette, et table sur un déficit de 5,5 % l'an prochain, alors que le projet de budget 2027 vise 5,0 %.

Sur la croissance, Fitch retient 0,5 % en 2026 et 0,9 % en 2027, toujours d'après Investing.com. Les chiffres du moment vont dans le même sens : le PIB du troisième trimestre recule de 0,1 %, après une stagnation au deuxième trimestre et un recul au premier, souligne l'AFP. L'agence relève aussi la fragmentation politique et un climat social difficile, qui compliquent une consolidation budgétaire durable, ainsi que des risques accrus à l'approche du cycle électoral de 2027.

Les marchés avaient déjà pris de l'avance. Le rendement de l'emprunt français à dix ans a clôturé vendredi à 4,97 %, contre 4,91 % la veille, après avoir dépassé 5 % la semaine précédente, selon l'AFP. Economie Matin note que cette hausse reflète des tensions plus larges et ne vient pas seulement de l'annonce de Fitch. Début octobre déjà, l'écart avec le Bund allemand avait frôlé 160 points de base ; nous relations le 19 octobre la hausse de l'OAT à 4,92 % à quatre jours de l'examen de Moody's, dans notre point sur les marchés après les violences.

Budget 2027 : la marge se réduit

La décision tombe alors que le Parlement doit examiner le budget 2027. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté mi-septembre un effort d'environ 54 milliards d'euros, soit 1,8 point de PIB, contre 44 milliards proposés l'an dernier par François Bayrou, d'après Public Sénat. Sans ces mesures, le déficit 2027 atteindrait 6,5 % du PIB. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, avait résumé la situation le 11 septembre sur LCP : « Nous n'avons plus de gras ».

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Après la décision de Fitch, Roland Lescure a jugé « absolue » la nécessité d'adopter un budget responsable d'ici la fin de l'année et affirmé que l'exécutif reste sur une trajectoire de consolidation, selon l'AFP. Il maintient l'objectif d'un déficit de 5 % du PIB en 2027, rapporte Economie Matin. L'écart entre cet objectif et la projection de Fitch, 5,5 %, mesure ce qu'il reste à convaincre.

Le calendrier social complique l'équation. Le gouvernement étudie un coup de pouce au Smic dès décembre, un dossier que nous avons détaillé dans notre article sur la revalorisation envisagée, tandis que l'inflation est remontée à 3,4 % en octobre, tirée par l'énergie, selon l'estimation de l'Insee que nous avons analysée. Ces deux données pèsent sur les dépenses publiques comme sur le pouvoir d'achat des ménages, au moment où l'État doit chercher des économies.

Pour les lecteurs, la note de la France se répercute surtout par les taux : plus l'État emprunte cher, plus les taux des crédits, notamment immobiliers, tendent à suivre. Aucun effet immédiat n'est attendu de la seule perspective, mais elle s'ajoute à un contexte où chaque décision budgétaire des semaines à venir sera lue par les marchés et par les agences.

Crédit photo : « Pont de Bercy et Ministère des Finances », SailEOuiAla, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

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