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Algérie : universités ouvertes jusqu'à 22 h, Baddari s'explique

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En Algérie, le ministre de l'Enseignement supérieur, Kamel Baddari, a justifié la prolongation des activités pédagogiques jusqu'à 22 h dans les établissements universitaires. Un communiqué de son ministère, diffusé dimanche 8 novembre 2026, avance deux raisons : mieux utiliser les locaux et ouvrir l'université aux salariés et aux fonctionnaires. La mesure n'est pas nouvelle. Sa première étape, lancée à la rentrée 2026, fixe la limite à 21 h et ne concerne que six wilayas.

Le ministre s'exprimait samedi 7 novembre, lors d'une visite au centre de Bouzaréah de l'Université de la formation continue (UFC), à Alger. Selon le communiqué repris par l'APS sur le site de la Radio algérienne, il a présenté l'allongement des horaires comme une « vision stratégique en vue de rationaliser l'exploitation des infrastructures et des moyens universitaires, et de renforcer la performance du service public de l'enseignement supérieur ». Le même texte a été publié par L'Express DZ et par L'Écho d'Algérie, qui situe la visite en soirée.

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Ce que le ministère met en avant

Le communiqué donne d'abord un argument de gestion : allonger la journée doit permettre de mieux exploiter les bâtiments et les équipements existants. Le ministère y ajoute un argument d'accès aux études. Cette orientation « traduit la volonté du secteur de faire de l'université un espace ouvert à la formation et à la qualification tout au long de la journée ». Il cite trois publics : « les travailleurs, les fonctionnaires et les étudiants dont les conditions socio-professionnelles exigent de bénéficier de modes de formation plus souples ».

Selon le ministre, l'UFC « joue un rôle pivot dans la consécration du principe de l'apprentissage tout au long de la vie », grâce notamment aux supports numériques. Le communiqué se termine sur une formule de Kamel Baddari : l'université moderne « est appelée à passer d'une approche d'horaires administratifs limités à celle de performance et d'efficacité ».

Le texte du 8 novembre n'annonce ni calendrier ni liste d'établissements. Il n'impose pas non plus un horaire unique à tous les campus. Il justifie une mesure déjà engagée, sans dire si le plafond de 22 h vaudra un jour pour tout le pays.

Une mesure lancée en 2025, d'abord limitée à 21 h dans six wilayas

La limite de 22 h a été fixée à la rentrée 2025. Le dimanche 14 septembre 2025, Kamel Baddari visitait les facultés de droit et de sciences islamiques de l'université d'Alger 1. Il a ordonné « la prolongation des horaires d'enseignement et des activités pédagogiques jusqu'à 22h00 », selon le communiqué repris par La Nouvelle République. Un an plus tard, à l'université de Boumerdès, il annonçait l'ouverture des infrastructures jusqu'à 22 h pour offrir aux étudiants des espaces de révision et de travail sur leurs projets, rapportait L'Écho d'Algérie le 5 septembre 2026.

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Sur le terrain, la mise en œuvre est plus progressive. À la rentrée 2026-2027, une correspondance du ministère adressée aux présidents des conférences régionales des universités a prévu une première phase. Les activités pédagogiques, scientifiques et entrepreneuriales y sont prolongées jusqu'à 21 h dans les établissements de six wilayas : Alger, Constantine, Oran, Tlemcen, Annaba et Ouargla. Algérie360 et Maghreb Emergent en ont publié le contenu fin septembre. Restent ouverts jusqu'à cette heure les bibliothèques centrales, les salles de soutenance, les amphithéâtres, les espaces numériques et les laboratoires de recherche. D'après la correspondance, la mesure avait été présentée à la Conférence nationale des universités du 25 juillet 2026, puis discutée avec les organisations étudiantes agréées et les syndicats les 7, 8 et 9 septembre.

La correspondance traite aussi du transport. Les directeurs d'établissement doivent transmettre aux services des œuvres universitaires le nombre d'étudiants concernés, leurs listes nominatives, leurs destinations et les emplois du temps, pour que les navettes soient adaptées aux nouveaux horaires.

L'annonce a suscité des réserves, surtout à Constantine. Selon Maghreb Emergent, des étudiants et des parents se sont inquiétés du transport de nuit, de la sécurité, de l'absence de repas à ces heures et de la distance entre certaines facultés et les résidences universitaires. La Coordination nationale pour la protection de la société, bureau d'El Khroub, a demandé au président de la République de revoir cet horaire. D'après Algérie360, l'université Constantine 1 a tenu des réunions avec les représentants des étudiants. Elle a réservé les créneaux du soir à certaines spécialités aux effectifs réduits et pris des engagements sur les navettes. Les organisations étudiantes, elles, disent attendre la sécurisation des campus et l'adaptation des horaires de restauration.

Pour les étudiants, l'horaire applicable dépend donc de leur établissement et de leur wilaya, et le transport du soir de l'organisation des œuvres universitaires. En juillet, deux universités algériennes sont entrées dans le classement QS en ingénierie et informatique. Une partie des nouveaux inscrits sort par ailleurs d'une session du baccalauréat sans coupure générale d'Internet, une première depuis des années.

Photo d'illustration : salle de cours vide, sans lien avec un établissement algérien. Ahmet Polat / Pexels, licence Pexels, image recadrée.

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