Usine Hyundai en Algérie : pas de date de production après la réunion
Le ministre algérien de l'Industrie, Farid Kourtel, a reçu samedi 7 novembre au siège de son ministère une délégation de Hyundai Motor Manufacturing Algeria, accompagnée de sous-traitants coréens spécialisés dans les pièces et composants automobiles. D'après le communiqué du ministère repris par la Radio algérienne, la rencontre devait faire le point sur l'avancement du projet d'usine avant le lancement effectif de la fabrication. Le texte ne donne aucune date de démarrage. Fin août, le patron de Hyundai situait pourtant l'entrée en production entre la fin 2026 et le début 2027.
Des cadres du ministère assistaient aussi à la réunion. Les échanges ont porté sur les partenariats possibles entre les fournisseurs coréens de Hyundai et les sous-traitants algériens, avec un objectif affiché : fabriquer davantage de composants en Algérie et relever le taux d'intégration locale. Le ministère dit qu'il continuera d'accompagner le projet et de coordonner les différents intervenants pour accélérer son entrée en production. Algérie Eco et Algérie360 rapportent la réunion dans les mêmes termes.
Cette rencontre arrive un peu plus d'un mois après un entretien entre Farid Kourtel et le responsable de Hyundai pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Tarek Ismail Mosaad, le 2 octobre à El Alamein, en Égypte, en marge d'un forum sur l'investissement dans l'automobile, selon Algérie Eco. Le communiqué de samedi ne cite ni le lieu de l'usine, ni sa capacité, ni les modèles prévus. Pour ces points, il faut s'en tenir aux annonces antérieures du constructeur et de son partenaire, rapportées par la presse.
Une production annoncée pour fin 2026 ou début 2027
Le 26 août à Séoul, lors de la journée réservée aux investisseurs de Hyundai Motor, le PDG José Muñoz a indiqué que l'usine algérienne devait commencer à produire à la fin de 2026 ou au début de 2027, d'après Algérie Eco, qui cite The Korea Herald. ObservAlgérie donne la même fenêtre. Celle-ci commence dans moins de deux mois. Or le ministère parle encore, ce 7 novembre, des conditions à réunir pour lancer la fabrication.
Le projet est porté avec le groupe omanais Saud Bahwan. Son représentant l'avait présenté aux autorités algériennes le 24 janvier 2025 : 400 millions de dollars d'investissement, des Hyundai à prix abordables pour l'Algérie et l'Afrique, et un premier véhicule attendu vers la fin de 2026, selon TSA. L'Agence algérienne de promotion de l'investissement avait ensuite enregistré le projet, annonçait son directeur général le 17 février 2025, d'après TSA, qui cite l'APS. Le 9 mars 2025, le ministre de l'époque, Sifi Ghrieb, avait reçu le partenaire omanais et le constructeur pour fixer une feuille de route, sans échéance rendue publique.
Le site cité depuis 2025 est l'ancienne usine Sovac de Sidi Khettab, dans la wilaya de Relizane, où étaient assemblés des modèles du groupe Volkswagen. Algérie360 écrivait encore ce 8 novembre que l'entreprise étudie la possibilité de s'y installer. La capacité de 50 000 véhicules par an, reprise par Algérie Eco et ObservAlgérie, n'apparaît pas dans le communiqué du ministère. Selon Algérie Eco, la concrétisation dépend toujours de la fin des procédures administratives et des autorisations nécessaires.
Modèles, prix, recrutement : rien d'officiel pour l'instant
Aucune liste officielle des modèles n'a été publiée. Le plan exposé par le partenaire omanais en janvier 2025 prévoyait un SUV à bas prix et un utilitaire fin 2026, puis une berline économique et un second utilitaire en 2027, et une petite citadine à partir de 2028, rapportait TSA. Algérie360, citant le quotidien économique coréen Korea Economic Daily, évoque de son côté des SUV et de grandes berlines à hayon, assemblés en kit (CKD).
Aucun prix de vente n'a été communiqué pour une Hyundai assemblée en Algérie, et aucune date de commercialisation n'a été annoncée. Côté distribution, Algérie360 indique que Majestic Autos, représentant exclusif de la marque, a commencé à constituer un réseau de distributeurs début 2026. Le communiqué du 7 novembre ne parle pas non plus d'emplois : ni le ministère ni Hyundai n'ont publié de campagne de recrutement pour cette usine.
Si elle démarre, l'usine de Relizane rejoindra celle de Fiat à Oran, où Stellantis assemble des modèles depuis fin 2023 et noue des partenariats avec des équipementiers, comme l'accord signé à Rome avec Sigit. Le point à suivre est désormais l'annonce d'une date de production par le ministère ou par Hyundai : tant qu'elle n'est pas publiée, le calendrier de fin 2026 reste une prévision du constructeur.
Photo d'illustration : robot de soudage dans un atelier industriel, sans lien avec le projet Hyundai. alex / Pexels, licence Pexels, image recadrée.
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