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Tour de France : le patron de Pogacar répond aux accusations de dopage

Le patron d'UAE Team Emirates, Mauro Gianetti, a décidé de sortir du silence face aux accusations récurrentes de dopage visant son champion Tadej Pogacar. Dans un entretien accordé à L'Équipe, le manager suisse revient sur son passé controversé et défend l'intégrité de son équipe et du double vainqueur du Tour de France, qui n'a jamais été contrôlé positif malgré des performances jugées exceptionnelles par certains observateurs.

Mauro Gianetti porte un lourd passé dans le monde du cyclisme. Ancien patron de l'équipe Saunier Duval, il a dirigé des coureurs comme Riccardo Ricco, Leonardo Piepoli ou encore Juan José Cobo, tous impliqués dans des affaires de dopage qui ont éclaboussé le peloton professionnel. Ces casseroles n'ont jamais cessé de le poursuivre, et aujourd'hui encore, alors qu'il dirige l'une des équipes les plus performantes du circuit, son histoire refait surface régulièrement. Le Suisse assume désormais une "erreur de jugement" dans le recrutement de ces coureurs, mais refuse catégoriquement d'endosser la responsabilité de leurs agissements individuels.

"J'avais fait l'erreur de les prendre dans mon équipe", reconnaît-il sans détour. Le manager d'UAE Team Emirates va plus loin en expliquant qu'il aurait dû gérer différemment la communication autour de ces affaires : "J'aurais dû réagir différemment, être plus clair avec la presse, expliquer que j'étais une victime. Mais ma préoccupation était de sauver le boulot de 70 personnes." Une défense qui ne convainc pas tous les observateurs, mais qui témoigne d'une volonté de tourner la page sur ces épisodes sombres. Gianetti compare la situation à celle d'un parent : "On ne sait pas ce que nos enfants font quand ils sont dans la chambre, on ne sait pas non plus ce que font les coureurs à la maison."

Pogacar, un champion sous surveillance

Tadej Pogacar cristallise aujourd'hui les soupçons d'une partie du monde du cyclisme. Ses performances stratosphériques, notamment lors de la saison 2024 où il est devenu le premier homme depuis Marco Pantani en 1998 à remporter le Giro d'Italia et le Tour de France la même année avant de décrocher le titre de Champion du Monde, suscitent autant l'admiration que l'examen minutieux. Pourtant, les faits sont têtus : à ce jour, le Slovène n'a jamais été annoncé positif à un contrôle antidopage, et aucune preuve matérielle publique ne permet d'étayer les accusations portées contre lui. Le reste relève du soupçon, nourri par une histoire du cyclisme marquée par les scandales à répétition, de l'affaire Lance Armstrong aux nombreux cas révélés lors des précédentes éditions du Tour de France.

L'équipe UAE Team Emirates elle-même attire l'attention des autorités antidopage et des médias spécialisés. Sa domination écrasante sur le circuit WorldTour, portée par les exploits de Pogacar mais aussi par une équipe de lieutenants particulièrement performants, alimente les questionnements. Les observateurs scrutent chaque détail, chaque performance hors norme, chaque accélération dévastatrice dans les cols alpins ou pyrénéens. Cette surveillance permanente pèse sur l'équipe, qui doit composer avec ce climat de suspicion généralisée, héritage d'un sport longtemps gangrené par le dopage systématique. Gianetti et ses coureurs le savent : dans le cyclisme moderne, la performance exceptionnelle attire automatiquement le doute.

Un engagement à long terme malgré la polémique

Malgré ce contexte tendu, Tadej Pogacar a confirmé en 2024 qu'il resterait avec UAE Team Emirates jusqu'en 2030, prolongeant ainsi un partenariat qui l'aura vu évoluer douze saisons sous les mêmes couleurs depuis son arrivée en 2019. Ce renouvellement témoigne d'une confiance mutuelle entre le coureur et sa structure, mais aussi d'une volonté de construire un palmarès encore plus impressionnant. Le Slovène, qui n'aura que 32 ans en 2030, vise clairement de nouveaux records et pourrait bien devenir l'un des cyclistes les plus titrés de l'histoire si sa trajectoire actuelle se poursuit. Cette fidélité à une équipe unique sur une période aussi longue est devenue rare dans le cyclisme professionnel moderne, où les transferts spectaculaires et les changements d'écurie font régulièrement la une.

Pour Mauro Gianetti, ces accusations récurrentes font désormais partie du quotidien d'une équipe au sommet. Le manager suisse sait que tant qu'UAE Team Emirates et Pogacar domineront les courses, les questions persisteront. Le cyclisme doit vivre avec cette cicatrice indélébile du dopage, reconnaît même Pogacar lui-même dans certaines interviews. La stratégie de l'équipe émiratie consiste à maintenir une transparence maximale avec les instances antidopage, à collaborer pleinement aux contrôles et à laisser les résultats parler d'eux-mêmes. Gianetti, échaudé par son passé, affirme avoir tiré les leçons de ses erreurs et insiste sur le fait qu'aucune base solide ne permet d'accuser son champion de pratiques illicites.

Le débat autour de Pogacar et du dopage reflète une tension permanente dans le cyclisme contemporain. D'un côté, les supporters et une partie de la communauté cycliste veulent croire en la légitimité de performances extraordinaires, fruit d'un entraînement scientifique, d'une génétique favorable et d'une détermination sans faille. De l'autre, les sceptiques rappellent que le cyclisme a été trompé à de nombreuses reprises par des coureurs qui semblaient au-dessus de tout soupçon, comme en témoignent les affaires qui ont secoué le sport par le passé. Tant qu'aucune preuve concrète n'émergera, Tadej Pogacar restera innocent aux yeux de la justice sportive, mais le doute continuera de planer dans les esprits de certains observateurs, symptôme d'un sport encore marqué par ses démons historiques.

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