Grève des dockers vendredi 30 octobre : 24 ports français touchés
Les dockers sont appelés à une grève nationale de 24 heures le vendredi 30 octobre 2026 dans 24 ports français, dont Marseille, Fos-sur-Mer, Toulon, Nice, Bastia, Ajaccio, Sète et Port-Vendres. Le mouvement, lancé par la CGT, vise aussi bien la politique du gouvernement que l'automatisation des quais.
Un point de calendrier d'abord : toutes les sources consultées parlent du vendredi 30 octobre, et non du jeudi. Cet article est publié le mardi 27 octobre 2026, à trois jours de l'échéance, sur la base des informations disponibles à cette date.
Ce que l'on sait de la grève du 30 octobre
Selon Maritima, qui reprend une dépêche de l'AFP du 27 octobre 2026, l'appel émane de la fédération nationale des ports et docks CGT. Elle affirme représenter « près de 90 % » des salariés du secteur. D'après Boursorama, qui publiait la dépêche AFP dès le 26 octobre à 18h47, le préavis couvre une journée entière.
Le secrétaire général de la CGT des dockers, Tony Hautbois, annonce que les ports français « vont être à l'arrêt à 95 % ». Il faut lire ce chiffre pour ce qu'il est : une estimation syndicale, qui n'a pas été vérifiée de manière indépendante. Le niveau réel de participation ne sera connu que le jour même.
Vingt-quatre ports sont concernés : Boulogne, Brest, Dunkerque, Calais, La Rochelle, Le Havre, Rouen, Paris-Haropa, Lorient, Marseille, Roscoff, Bayonne, Bastia, Bordeaux, La Réunion, Nice, Ajaccio, Saint-Nazaire, Port-Vendres, Saint-Malo, Cherbourg, Sète, Toulon et Fos-sur-Mer. Selon Maritima et Économie Matin, le secteur compte environ 14 000 salariés portuaires, dont quelque 7 500 dockers.
À Fos-sur-Mer, le syndicat CGT des dockers annonce « 100 % de grévistes », d'après France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'arrêt toucherait les conteneurs, les quais ArcelorMittal, le terminal minéralier et le terminal voitures. Nice et Toulon sont, selon la même source, « également concernés ».
Quant aux motifs, la CGT dénonce la « militarisation des installations sous l'impulsion de la Commission européenne ». Elle rejette aussi les orientations du projet de budget du gouvernement Lecornu, qui, selon elle, « détruisent nos systèmes de solidarité », et s'oppose à la précarisation liée à l'automatisation de la manutention.
Le mouvement a une dimension européenne. D'après Maritima, il répond à un appel international du Conseil européen des dockers (European dockworkers council), relayé par des syndicats d'Espagne, de Grèce, de Slovénie, de Chypre, de Suède, du Danemark, du Portugal, d'Irlande, d'Italie et d'Allemagne. France 3 ajoute la Turquie, le Maroc et l'Inde à cette liste.
Conséquences, voyageurs et suite du mouvement
Sur le plan économique, Économie Matin décrit des navires en attente au large et un engorgement des conteneurs qui se prolongerait plusieurs jours après la reprise, prévue le 31 octobre. Selon le site, une journée d'arrêt demande de trois à quatre jours pour être résorbée. Les importateurs risquent des frais de surestaries et de stockage, et les distributeurs de denrées périssables sont particulièrement exposés.
Pour l'énergie, l'acier et la chimie, l'approvisionnement serait tendu, mais Économie Matin précise que les stocks de précaution limitent le risque de pénurie immédiate. Les flux de fret vers la Corse et l'Italie seraient eux aussi touchés, via les ports de Toulon et de Nice.
Et les passagers ? Aucun des articles consultés (Maritima, France 3, Boursorama, Économie Matin) ne mentionne les lignes passagers, les ferries ou les croisières, que ce soit vers l'Algérie, la Tunisie ou la Corse. Autrement dit : rien n'est annoncé, mais rien n'est exclu non plus. Les informations disponibles portent sur le fret et la manutention, pas sur les traversées de voyageurs.
Si vous avez une traversée prévue autour du 30 octobre, le plus prudent est de contacter votre compagnie maritime ou votre agence avant de partir, et de vérifier l'état de votre réservation. En cas d'annulation, le passager doit se rapprocher de sa compagnie pour connaître les solutions proposées. Pour préparer un départ vers le Maroc, notre guide sur la traversée en ferry vers le Maroc rappelle les papiers et l'assurance à prévoir, et celui sur les bagages vers le Maghreb détaille les franchises, les prix et les litiges.
Ce vendredi ne sera peut-être pas le dernier temps fort. Selon Économie Matin et France 3, un nouvel appel à la grève et à manifester dans les ports est lancé pour le 5 novembre, cette fois pour les salaires, l'emploi et les services publics. La CGT appelle par ailleurs à une grève générale à cette date. Les voyageurs et les entreprises qui dépendent des ports feront donc bien de suivre l'évolution de la situation dans les prochains jours.