Ferrari relève ses prévisions 2026 : Ebitda d'au moins 3 milliards
Ferrari a relevé mardi 3 novembre 2026 ses prévisions annuelles, pour la deuxième fois de l'année, et vise désormais un Ebitda ajusté d'au moins 3 milliards d'euros. Le constructeur de Maranello publie un troisième trimestre meilleur que prévu, avec un Ebitda de 753 millions d'euros quand les analystes en attendaient 739, et un bénéfice net de 431 millions, en hausse de 13 %.
Selon le communiqué publié par Ferrari, le chiffre d'affaires net 2026 est attendu à environ 7,65 milliards d'euros, contre environ 7,60 milliards dans la prévision précédente et 7,15 milliards en 2025. L'Ebitda ajusté doit atteindre au moins 3 milliards d'euros, soit une marge d'au moins 39,2 %, contre au moins 2,97 milliards (39,0 %) auparavant. Le résultat opérationnel ajusté est visé à au moins 2,285 milliards d'euros, avec une marge d'au moins 29,8 %.
Le bénéfice par action dilué ajusté est attendu à au moins 9,85 euros, contre au moins 9,68 euros. Le flux de trésorerie disponible industriel passe de « au moins 1,55 milliard » à « jusqu'à 1,65 milliard » d'euros. Le premier relèvement de l'année datait du 30 juillet, après le deuxième trimestre.
Selon Reuters, Ferrari « relève légèrement ses objectifs annuels ». De son côté, Investing.com juge cette nouvelle prévision « conforme aux attentes » : le chiffre d'affaires visé (7,65 milliards) se compare à un consensus de 7,64 milliards, et le bénéfice par action (au moins 9,85 euros) reste très légèrement sous les 9,86 euros attendus.
Moins de voitures livrées, mais plus de marge
Au troisième trimestre, clos le 30 septembre, le chiffre d'affaires net atteint 1 896 millions d'euros, en hausse de 7 % (10 % à taux de change constants), contre 1 766 millions un an plus tôt. Le résultat opérationnel progresse de 12 %, à 563 millions d'euros, pour une marge de 29,7 % contre 28,4 %. L'Ebitda s'établit à 753 millions d'euros, soit une marge de 39,7 %, alors que les analystes interrogés par Reuters attendaient 739 millions.
Le bénéfice par action dilué ressort à 2,44 euros, contre 2,14 euros. Le flux de trésorerie disponible industriel bondit de 43 %, à 567 millions d'euros. Ferrari affiche une trésorerie industrielle nette de 219 millions d'euros au 30 septembre, contre une dette industrielle nette de 131 millions au 30 juin, et ce après 173 millions d'euros de rachats d'actions au cours du trimestre.
Ces résultats progressent alors que les livraisons reculent : 3 368 voitures ont été livrées, contre 3 401 au troisième trimestre 2025. Reuters attribue ce recul au renouvellement de gamme en cours. Le poste voitures et pièces détachées gagne pourtant 7 %, à 1 586 millions d'euros, grâce à un mix plus riche et à davantage de personnalisations. La supercar F80, série limitée vendue 3,6 millions d'euros, a notamment amélioré ce mix. La Chine continentale, Hong Kong et Taïwan reculent nettement, avec 143 livraisons contre 248 ; sur neuf mois, la zone tombe à 583 voitures contre 759, et l'ensemble des livraisons à 10 170 contre 10 488.
Le directeur général, Benedetto Vigna, met en avant ces deux leviers. « Les livraisons de notre supercar F80 et les personnalisations, emmenées par la famille Ferrari 296 Speciale, soutiennent notre solide croissance financière », dit-il, avant d'ajouter : « Forts de cette base solide, nous relevons encore nos prévisions pour l'ensemble de l'année. » Selon Reuters, il a aussi déclaré : « Notre carnet de commandes s'étend désormais jusqu'en 2028 et nous avons encore deux lancements prévus d'ici à la fin de l'année. »
Les hypothèses de Ferrari et la réaction du titre
Pour justifier ce relèvement, Ferrari cite des personnalisations plus fortes que prévu à l'origine et des effets de change moins défavorables qu'attendu, après couverture. Le groupe indique que ses prévisions reposent sur la visibilité actuelle quant aux effets de la crise au Moyen-Orient. Elles incluent aussi, parmi leurs hypothèses, la deuxième place de la Scuderia Ferrari au championnat de Formule 1.
Pour 2026, la marque confirme un important renouvellement de gamme, un mix produit positif et une hausse des revenus liés à la course et au lifestyle. Elle prévoit aussi une hausse des amortissements liée au démarrage de la production des nouveaux modèles.
À la Bourse de Milan, l'action a d'abord reculé après la publication. Investing.com rapporte une baisse de plus de 3 % en séance. Le titre est ensuite repassé dans le vert : vers 12 h 40 GMT, il gagnait 1,8 % selon Reuters, soit la plus forte hausse de l'indice STOXX Europe 600 Automobiles & Parts, qui progressait de 0,15 %.
Ferrari a par ailleurs racheté 176 262 actions du 1er au 30 octobre, pour 61,5 millions d'euros. Cette opération s'inscrit dans la troisième tranche d'un programme d'environ 3,5 milliards d'euros prévu jusqu'en 2030, annoncé lors du Capital Markets Day d'octobre 2025.