Alphabet chute de 10 % malgré 127,6 Md$ de revenus, Microsoft rassure
Alphabet a perdu environ 10 % dans les échanges d'après-Bourse à Wall Street après ses résultats du troisième trimestre, publiés mercredi 28 octobre 2026. Le chiffre d'affaires du groupe dépasse le consensus cité, mais le bénéfice par action et la recherche en ligne déçoivent, alors que Microsoft rassure grâce au cloud.
Selon BFM Bourse, Alphabet et Microsoft ont publié leurs comptes mercredi soir. Le premier a déçu les investisseurs, le second a affiché dans le cloud une croissance meilleure que celle qui était espérée. Le lendemain, Les Échos résumaient la séance par un titre explicite : « Alphabet chute à Wall Street tandis que Microsoft est au rendez-vous dans le cloud ».
D'après BFM Bourse, les revenus du trimestre atteignent 127,58 milliards de dollars, en hausse de 25 % hors effets de change. Le consensus cité par Bank of America ressortait à 127,35 milliards : le chiffre d'affaires total est donc légèrement au-dessus de ce que les analystes attendaient.
Un bénéfice par action nettement sous les attentes
C'est ailleurs que le bât blesse. Le bénéfice par action s'établit à 2,12 dollars, contre 2,87 dollars un an plus tôt, alors que le consensus cité par Bank of America tablait sur 2,98 dollars. L'écart avec les prévisions est net, et il pèse davantage dans la réaction boursière que la petite avance sur les revenus. Les sources consultées ne détaillent pas ce qui explique, ligne par ligne, la baisse du bénéfice par action sur un an.
Autre point d'attention : la trésorerie. Selon Reuters, cité par BFM Bourse, Alphabet a consommé 9,1 milliards de dollars de cash sur la période, alors que les analystes s'attendaient à un équilibre. Ce chiffre négatif a de quoi inquiéter des investisseurs qui regardent désormais de près la facture de l'intelligence artificielle.
Du côté du cloud, la performance est spectaculaire. Les revenus de Google Cloud progressent de 102,6 % pour atteindre 30,7 milliards de dollars, soit 7 % de plus que les attentes, d'après BFM Bourse. Citi y voit une « croissance des revenus dans le cloud qui accélère avec 103 % sur un an tandis que la recherche en ligne et YouTube ralentissent ». Le moteur de croissance du groupe semble donc se déplacer, au moins sur ce trimestre.
La recherche en ligne, cœur historique de l'activité, progresse de 12 % à 63,4 milliards de dollars. C'est 2,5 % de moins que le consensus, et un net ralentissement par rapport au trimestre précédent, où la hausse atteignait 16,8 %. Selon Bloomberg, il s'agit de la plus faible croissance de cette division depuis plus d'un an. Les revenus publicitaires ont, eux, manqué les attentes de 2 %, indique BFM Bourse.
Que retenir de ces chiffres pour les internautes ? Les sources ne disent pas que la recherche Google change pour les utilisateurs. Elles montrent seulement que cette activité croît moins vite que prévu pendant que le cloud s'envole. Pour qui souhaite comprendre ce que Google conserve comme informations, le guide de Mediaterranée sur l'effacement des données personnelles sur Internet détaille les démarches possibles, sans lien direct avec ces résultats.
Les dépenses d'IA, nouveau juge de paix des marchés
La séance s'inscrit dans un climat de doutes sur l'IA en Bourse. Les investisseurs s'interrogent sur les dépenses d'investissement : selon Yorkville Ives, les géants du numérique, les « hyperscalers », devraient dépenser environ 850 milliards de dollars dans ces technologies. Meta a annoncé la semaine dernière des investissements attendus entre 135 et 145 milliards de dollars pour 2026, contre 130 milliards auparavant, ainsi qu'une nouvelle classe d'actions destinée à financer ces dépenses. Amazon publie à son tour ses résultats jeudi soir, 29 octobre.
Stephen Innes, de SPI AM, résume l'enjeu : « Alphabet a rappelé aux investisseurs que la demande en matière de cloud et les dépenses consacrées à l'IA ne sont pas synonymes de monétisation ». Selon lui, le marché accorde désormais plus d'importance à l'intensité des dépenses d'investissement, aux flux de trésorerie et au retour sur investissement. Autrement dit, une croissance de plus de 100 % dans le cloud ne suffit plus si le cash fond et si le bénéfice par action recule.
Le contraste avec Microsoft éclaire cette lecture. D'après BFM Bourse, Microsoft tient son rang dans le cloud avec une croissance supérieure aux attentes. Les détails chiffrés de ses résultats ne figurent pas dans les éléments dont nous disposons, ce qui interdit toute comparaison précise entre les deux groupes. On sait en revanche que, sur la même soirée, le marché a sanctionné l'un et accueilli l'autre sans heurt.
Dans ce contexte, Google a aussi annoncé mercredi Gemini 4 Carbon, qu'il présente comme son modèle d'IA le plus puissant. Selon Frandroid, il arrive deux semaines après l'ouverture de Gemini 4 Argon aux abonnés payants. Carbon, lui, est d'abord réservé à une poignée d'experts en cybersécurité : il n'est pas ouvert au public pour l'instant.
Côté performances, Carbon obtient 59 points à l'Intelligence Index d'Artificial Analysis, contre 58 pour Claude Opus 5.5, 57 pour GPT-6 Astra et 50 pour Argon. L'avance est mince. Les résultats en cybersécurité, 88,2 % sur SEC-bench Pro, 54,8 % sur ExploitGym et 71 % sur CWE-bench, sont fournis par Google lui-même et n'ont donc pas été vérifiés de façon indépendante. Le modèle ne domine pas tout : il n'arrive qu'en quatrième position sur WebDev Arena. Il est conçu pour les tâches longues d'agents.
Pour le grand public, rien ne change tant que Carbon reste fermé. Ceux qui hésitent entre plusieurs assistants disponibles aujourd'hui peuvent consulter notre guide pour choisir entre ChatGPT, Claude, Gemini ou Mistral. Reste à savoir si ces modèles de plus en plus puissants parviendront à se traduire en revenus et en trésorerie, la question que posent désormais les marchés après cette publication.
Photo : Asoundd, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.