Cash Investigation sur les mutuelles le 5 novembre : +40 % depuis 2011
Cash Investigation consacre son numéro du jeudi 5 novembre 2026 aux mutuelles santé. Le magazine, diffusé à 21h10 sur France 2 et sur france.tv, arrive deux semaines après la censure du gel des cotisations 2026 par le Conseil constitutionnel, alors que le secteur annonce de nouvelles hausses pour 2027.
Intitulé « Mutuelles santé : pourquoi payons-nous toujours plus cher ? », ce numéro inédit est présenté par Élise Lucet. L'enquête est signée Julie Lotz et Mathieu Robert.
Selon France Télévisions, les cotisations des complémentaires santé ont connu une hausse de 40 % depuis 2011. Le même programme évoque un trou de l'Assurance maladie de 16 milliards d'euros en 2025.
Le programme annonce un volet sur les frais cachés des cotisations : publicité, marketing et démarchage commercial, des dépenses dont les assurés connaissent rarement l'existence. La présentation de l'émission résume : « Autrement dit, nous payons aussi pour être démarchés. »
Élise Lucet y interviewe Florence Lustman, présidente de France Assureurs, sur ces frais. D'après le programme, l'émission posera aussi la question d'une vie sans complémentaire santé et celle de modèles plus simples et plus solidaires.
Retraités, chômeurs, indépendants : les plus touchés
Selon France Télévisions, ceux qui consacrent le plus d'argent à leur mutuelle sont les retraités, les chômeurs et les travailleurs indépendants. Les salariés, eux, bénéficient d'une complémentaire obligatoire d'entreprise, souvent bien moins chère.
Que Choisir leur conseille de comparer les offres et de faire jouer leur droit à la résiliation à tout moment. Les astuces pour réduire ses assurances en 2026 détaillent la démarche.
Le gel des tarifs 2026 devait pourtant les protéger. Comme le rappelait Que Choisir en janvier, l'article 13 de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 disposait que « pour l'année 2026, le montant de ces cotisations ne peut être augmenté par rapport à celui applicable pour l'année 2025 ». Le député socialiste Jérôme Guedj, à l'origine de la mesure, jugeait alors toute hausse illégale.
D'après Previssima, le but du gel était d'empêcher les organismes de répercuter sur les assurés la contribution exceptionnelle créée par la même loi. La mesure avait été adoptée en décembre 2025. La majorité des organismes avaient refusé de l'appliquer, selon Moneyvox.
Le gel censuré, 2027 en ligne de mire
Vendredi 23 octobre 2026, le Conseil constitutionnel, saisi par le Conseil d'État de deux questions prioritaires de constitutionnalité, a jugé le gel contraire à la Constitution. Il y voit une « atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre et à la liberté contractuelle ». Il reconnaît un « objectif d'intérêt général de protection des consommateurs », mais estime que « les dispositions contestées s'opposent à toute augmentation des cotisations d'assurance maladie complémentaire, quelle qu'en soit la cause ».
Selon Moneyvox, la décision s'applique dès sa publication aux affaires non jugées définitivement. Les assurés qui contestaient les hausses 2026 n'obtiendront donc pas gain de cause. Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble, a parlé d'« un coup dur pour les consommateurs, privés d'une protection pourtant votée par le Parlement ».
Elle ajoute : « Alors que les cotisations des complémentaires santé ne cessent d'augmenter, il est inacceptable que les assurés en paient encore le prix ». L'association désigne les frais de gestion élevés comme une marge de manœuvre, un point proche des frais de démarchage que l'émission doit aborder.
Pour 2027, d'après Que Choisir, le secteur a déjà annoncé une hausse de 6 à 8 %. Le cabinet Addactis prévoit une hausse médiane de 8,3 % pour les contrats individuels et de 8 % pour les collectifs, selon sa prévision du 21 septembre reprise par la presse spécialisée.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 prévoit en son article 12, selon Moneyvox, de proroger d'un an la contribution exceptionnelle de 2,05 % des cotisations santé. Le gouvernement rappelle que les cotisations des complémentaires ont augmenté de 6 % en 2023 puis de 8,2 % en 2024, soit 3,5 milliards d'euros de plus cette année-là.
Le 23 octobre, d'après Previssima, les députés ont largement rejeté la reconduction de cette taxe, au rendement attendu de 1,12 milliard d'euros. Le texte poursuit son examen au Parlement. Selon le programme, l'État cherche des économies et des recettes, tandis que mutuelles et assureurs dénoncent le poids croissant des taxes.