sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Gaza : Israël reconnaît finalement le bilan de plus de 71 000 morts palestiniens

Après avoir longtemps qualifié de « trompeurs » les bilans publiés par le ministère de la Santé de Gaza, l'armée israélienne a finalement reconnu, jeudi 30 janvier 2026, que plus de 71 000 Palestiniens avaient été tués dans l'enclave depuis le 7 octobre 2023. Un revirement majeur qui valide les chiffres considérés comme fiables par l'ONU et les organisations humanitaires internationales.

Selon le quotidien israélien Haaretz, un haut responsable de Tsahal a confirmé que l'armée « accepte l'estimation du ministère de la Santé de Gaza, selon laquelle environ 71 667 Palestiniens ont été tués pendant la guerre ». Cette reconnaissance intervient après plus de deux ans de contestation systématique des données palestiniennes par les autorités israéliennes.

Les chiffres du ministère de la Santé de Gaza incluent les victimes directes des frappes et des tirs israéliens, mais n'intègrent pas les personnes décédées des suites de la famine ou de maladies liées à la catastrophe humanitaire. Le décompte ne distingue pas non plus les civils des combattants, un point sur lequel l'armée israélienne travaille encore à établir une estimation.

Un décompte validé par les instances internationales

Les Nations unies et de nombreuses organisations de défense des droits humains avaient depuis longtemps jugé fiables les données du ministère gazaoui. Ces chiffres sont en effet détaillés : nom des victimes, nom du père et du grand-père, ainsi que le numéro d'identification attribué par Israël. Une étude publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet n'avait trouvé « aucune preuve » d'une quelconque inflation des chiffres par les autorités sanitaires de Gaza.

Malgré ces éléments, Israël avait jusqu'ici qualifié ces bilans de « propagande du Hamas », une position qui avait notamment influencé l'attitude des États-Unis. Le Congrès américain avait même adopté un amendement en 2024 interdisant la citation des données du ministère de la Santé de Gaza dans les rapports officiels.

Cette reconnaissance symbolique intervient dans un contexte où deux ONG israéliennes, B'Tselem et Médecins pour les droits de l'homme-Israël, ont accusé leur propre armée de génocide en juillet dernier. Ces organisations avaient documenté la destruction systématique des hôpitaux, écoles et infrastructures civiles.

Un bilan probablement sous-estimé

Le chiffre de 71 000 morts représente environ 3 % de la population totale de Gaza. Cependant, ce bilan reste probablement en deçà de la réalité. Le Comité national des personnes disparues estime que plus de 10 000 corps se trouvent encore sous les décombres des bâtiments détruits.

Par ailleurs, une étude de l'Institut Max Planck de recherche démographique, publiée en novembre 2025, avait estimé à au moins 100 000 le nombre de victimes directes des opérations militaires israéliennes. D'autres recherches, dont une étude parue en juin 2025, suggèrent que le bilan réel pourrait atteindre 200 000 morts si l'on inclut les décès indirects liés à la destruction du système de santé et aux conditions de vie catastrophiques.

Cette reconnaissance par l'armée israélienne, bien qu'elle n'ait pas été officiellement entérinée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, marque un tournant dans la documentation de ce conflit meurtrier. Elle pose également la question de la responsabilité des démocraties occidentales qui ont longtemps relayé les dénégations israéliennes face à l'ampleur des pertes civiles palestiniennes.

sfy39587stp16