Allocations familiales : la majoration repoussée de 14 à 18 ans dès mars 2026
Le gouvernement avance sur son projet de décret modifiant les conditions d'attribution des allocations familiales. À compter du 1er mars 2026, la majoration de ces aides ne sera plus versée dès les 14 ans de l'enfant, mais uniquement à partir de ses 18 ans. Une mesure d'économie budgétaire qui suscite l'inquiétude des associations familiales.
La réforme, inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 votée le 16 décembre dernier, modifie en profondeur le système de majoration des allocations familiales. Jusqu'à présent, les familles bénéficiaient d'une augmentation de leurs allocations dès que leur deuxième enfant atteignait l'âge de 14 ans. Ce seuil sera désormais repoussé à 18 ans.
Concrètement, la majoration actuelle représente un supplément compris entre 18,88 et 75,53 euros par mois selon les revenus du foyer. Pour une famille aux revenus modestes comptant deux enfants de plus de 14 ans, la perte annuelle s'élèvera à plus de 900 euros. Les foyers avec trois enfants concernés pourraient quant à eux perdre jusqu'à 2 700 euros par an sur la période de transition.
Une mesure transitoire pour les familles actuelles
Le ministère de la Santé a toutefois prévu des dispositions transitoires pour limiter l'impact immédiat de cette réforme. Les parents d'enfants ayant déjà atteint 14 ans avant le 1er mars 2026 continueront de percevoir la majoration selon les règles actuelles. Seuls les enfants fêtant leur quatorzième anniversaire après cette date seront soumis au nouveau dispositif.
Pour justifier ce changement, le gouvernement s'appuie sur une étude de la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques publiée en mars 2023. Selon ce rapport, aucun critère objectif ne permettait de fixer la majoration à 14 ans plutôt qu'à un autre âge. Le seuil effectif de surcoût lié à un enfant se situerait davantage autour de 18 ans.
L'exécutif espère réaliser des économies budgétaires estimées à 200 millions d'euros dès 2026, avec une montée en charge progressive jusqu'en 2029. Ces fonds serviront en partie à financer le nouveau congé de naissance, d'une durée maximale de deux mois, accordé aux parents d'enfants nés après le 1er janvier 2026.
Les associations familiales vent debout
Cette réforme ne fait pas l'unanimité. Les associations de défense des familles dénoncent des économies réalisées sur le dos des ménages. Familles de France estime que la réduction des allocations pour les adolescents limitera leur accès aux activités extrascolaires et pourrait favoriser l'isolement devant les écrans.
Le texte de loi doit encore être examiné par le Conseil constitutionnel avant sa publication au Journal Officiel, attendue au plus tard le 31 décembre. Si les Sages valident l'ensemble du dispositif, le décret d'application entrera en vigueur comme prévu au 1er mars prochain. Les caisses d'allocations familiales devront alors adapter leurs systèmes de calcul pour intégrer ce nouveau seuil d'âge.
Cette mesure s'inscrit dans un contexte de restrictions budgétaires touchant plusieurs branches de la protection sociale. Le gouvernement affirme vouloir préserver le modèle français de solidarité nationale tout en adaptant les dispositifs aux réalités économiques actuelles. Un équilibre délicat qui continue de faire débat entre l'exécutif et les partenaires sociaux.