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Algérie : la grève des transporteurs paralyse le pays

Depuis le 1er janvier 2026, une grève illimitée des transporteurs paralyse l'Algérie. Bus, taxis et transporteurs de marchandises ont cessé le travail pour dénoncer un nouveau Code de la route jugé trop sévère et la hausse des prix du carburant. Routes bloquées, gares fermées, déplacements difficiles : le pays subit une paralysie du secteur des transports.

La grève entre dans son troisième jour avec un élan de mobilisation qui ne faiblit pas. Des chauffeurs de bus aux transporteurs de carburant, en passant par les taxis collectifs, l'arrêt du travail est largement observé dans plusieurs provinces. L'absence de véhicules de transport affecte des millions de citoyens obligés de rester chez eux ou de trouver des solutions alternatives.

Cette paralysie intervient à une période sensible. La rentrée scolaire est sous tension, les commerces connaissent des difficultés d'approvisionnement, et la vie urbaine est ralentie. Les autorités avaient averti que l'absence de transports constituerait un problème majeur pour le fonctionnement normal du pays. Ces avertissements se concrétisent aujourd'hui.

Code de la route : la ligne de rupture

Au cœur du conflit se trouve le nouveau Code de la route, récemment adopté par les deux chambres du Parlement et présenté par le ministère de l'Intérieur et des Transports. Les transporteurs considèrent ce texte comme excessivement répressif et irréaliste pour leurs conditions de travail.

Les dispositions du code prévoyaient des amendes allant jusqu'à 13 000 dinars pour les infractions courantes, voire 20 ans de prison pour les cas extrêmes. Vitesse excessive, usage du téléphone au volant, non-respect du port de la ceinture : les transporteurs redoutent une avalanche d'amendes qui grèverait leurs revenus déjà serrés. Le code leur semble élaboré sans consultation véritable du secteur.

Au-delà des amendes, c'est toute une vision répressive de la circulation qui inquiète. Les professionnels du transport demandent le retrait complet du projet, considérant que le dialogue avec le gouvernement n'a pas abouti à des ajustements satisfaisants.

Carburant : l'étincelle économique

À la sévérité du code s'ajoute un problème plus économique : la hausse des prix du carburant. Les transporteurs n'ont pas vu leurs tarifs augmenter depuis 2018, soit huit ans. Pendant ce temps, le coût du diesel et de l'essence a grimpé, réduisant leurs marges bénéficiaires.

Une augmentation tarifaire a été actée suite aux discussions avec les autorités, mais elle arrive après que les tensions se soient cristallisées. Naftal, le distributeur public de carburant, a menacé les transporteurs de résiliation de contrats et de poursuites judiciaires s'ils refusaient de reprendre la livraison de carburant. Cette escalade des menaces n'a fait que durcir les positions des grévistes.

Les transporteurs sont donc pris entre deux exigences : celle de circuler sous un code de la route draconien et celle de faire face à des coûts d'exploitation en hausse constante. Ni l'une ni l'autre n'a été résolue à leur satisfaction.

Le dialogue entre le gouvernement et les syndicats de transporteurs s'est engagé, avec une promesse de révision du Code de la route. Mais pour l'instant, la confiance reste brisée. Les transporteurs maintiennent leur grève jusqu'à obtenir des garanties concrètes. L'Algérie, elle, attend que cette paralysie prenne fin pour reprendre une circulation normale et une économie fonctionnelle.

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