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"Free Marine Le Pen" : les États-Unis menacent de représailles contre la justice française

Fait inédit dans les relations franco-américaines : l'administration Trump a menacé d'imposer des sanctions contre les magistrats français ayant condamné Marine Le Pen pour détournement de fonds publics. Une pression sans précédent qui a provoqué une réponse ferme de la justice et du gouvernement français, défendant unanimement l'indépendance de leur système judiciaire.

Le 30 novembre 2024, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics et condamnée à cinq ans d'emprisonnement, dont trois avec sursis, assortis d'une peine d'inéligibilité de cinq ans. Cette dernière mesure, si elle est confirmée en appel, lui interdirait de se présenter à l'élection présidentielle de 2027.

La réaction de Donald Trump ne s'est pas fait attendre. Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a qualifié cette condamnation de « chasse aux sorcières » et publié des messages de soutien explicites, notamment un retentissant « FREE MARINE LE PEN ! ». Il a accusé la « gauche européenne » d'utiliser le « Lawfare » – l'instrumentalisation de la justice à des fins politiques – pour « réduire au silence la liberté d'expression et censurer leurs opposants politiques ».

Des menaces de sanctions sans précédent

Selon les révélations du magazine allemand Der Spiegel, largement reprises par la presse internationale, l'administration Trump aurait envisagé d'imposer des sanctions directes contre les magistrats français impliqués dans cette condamnation. L'entourage du président américain percevrait cette décision judiciaire comme une « ingérence électorale » visant une alliée politique de Washington.

Cette menace constitue une rupture totale avec les conventions diplomatiques traditionnelles. Jamais dans l'histoire des relations transatlantiques un pays allié n'avait envisagé de sanctionner les juges d'un autre État souverain pour une décision de justice interne. Cette posture s'inscrit dans la stratégie plus large de Donald Trump de soutien aux leaders populistes et nationalistes à travers le monde, qu'il considère comme des alliés idéologiques.

Marine Le Pen, figure de proue de l'extrême droite française, entretient des liens de longue date avec le mouvement trumpiste. Cette solidarité transatlantique prend aujourd'hui une dimension nouvelle, avec une administration américaine prête à exercer des pressions diplomatiques pour défendre ses alliés politiques face à leurs propres systèmes judiciaires.

La France défend fermement son indépendance judiciaire

Face à ces menaces, la réponse française a été unanime et sans ambiguïté. Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, et le procureur de la République, Rémy Heitz, ont publié un communiqué commun qualifiant toute tentative d'ingérence étrangère visant des magistrats français d'« inacceptable et intolérable ». Ils ont souligné que de telles pressions constituaient une attaque grave contre la souveraineté de la justice française.

Le gouvernement a également réagi avec fermeté. Le ministère des Affaires étrangères a rappelé le principe fondamental de la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice en France. « La justice est rendue en France au nom du peuple français, et non en fonction des pressions ou des commentaires venant de l'étranger », a affirmé le porte-parole du gouvernement.

Cette affaire intervient dans un contexte déjà tendu entre Paris et Washington. Les désaccords se multiplient sur des sujets variés, du climat au commerce en passant par l'OTAN. La menace de sanctions contre des juges français ajoute une nouvelle dimension à ces tensions, touchant cette fois au cœur même de la souveraineté nationale.

Pour Marine Le Pen, déjà condamnée définitivement pour diffamation par la Cour de cassation en décembre 2025, ce soutien américain constitue un argument politique qu'elle ne manquera pas d'exploiter. En présentant sa condamnation comme une persécution politique reconnue jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir américain, elle tente de délégitimer une décision de justice rendue selon les règles de l'État de droit.

L'affaire révèle les fractures profondes qui traversent aujourd'hui les démocraties occidentales, entre ceux qui défendent l'indépendance des institutions judiciaires et ceux qui les perçoivent comme des instruments au service d'adversaires politiques. Une ligne de faille qui ne cesse de s'approfondir des deux côtés de l'Atlantique. Cette affaire confirme surtout que le président des Etats-Unis constitue une réelle menace pour la stabilité des nations et la paix dans le monde. Donad Trump est dans un délire de superpuissance absolument inédit.

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