Municipales 2026 à Lyon : inéligibilité confirmée pour Francis Lalanne
Le rêve lyonnais de Francis Lalanne vient de se briser. Le tribunal administratif de Paris a rejeté le référé-liberté du chanteur, confirmant son inéligibilité de 18 mois prononcée par le Conseil d'État en avril 2025. Tête de liste du mouvement Spartacus dans le 8e arrondissement de Lyon, l'artiste engagé ne pourra pas participer au scrutin municipal du 15 mars prochain.
L'affaire remonte aux élections européennes de juin 2024. Francis Lalanne s'était alors présenté comme tête de liste sous la bannière « France libre », aux côtés du polémiste Dieudonné. Leur liste commune n'avait recueilli que 0,04 % des suffrages exprimés, un score anecdotique qui n'a pas dispensé le chanteur de ses obligations légales.
Or, Francis Lalanne n'a jamais déposé de compte de campagne conforme auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Si des documents ont bien été transmis par courrier électronique, ils ne constituaient pas un compte de campagne en bonne et due forme, selon la décision du Conseil d'État. Résultat : une peine de 18 mois d'inéligibilité, courant jusqu'à l'automne 2026.
Un parachutage sous la bannière Spartacus
Malgré cette sanction, le chanteur avait annoncé début janvier 2026 rejoindre le mouvement Spartacus pour briguer la mairie du 8e arrondissement de Lyon. Ce mouvement, fondé en 2009 par Michel Dulac, ancien conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes élu sous l'étiquette du Rassemblement national, se présente comme « transpartisan ». Mais le politologue lyonnais Paul Bacot le décrit plutôt comme « une sorte de nébuleuse, d'antivax, complotistes divers et variés », profondément ancré à l'extrême droite.
Francis Lalanne, qui n'est pas lyonnais, avait même envisagé de « prendre un domicile à Lyon » avant début février pour pouvoir s'inscrire sur les listes électorales. Un parachutage assumé, justifié par sa volonté de mettre « sa notoriété au service d'une noble cause dans une ville qu'il adore ».
Un dernier recours incertain
Conscient de sa situation juridique, le chanteur avait tenté un ultime recours : un référé-liberté devant le tribunal administratif de Paris, espérant faire suspendre la décision du Conseil d'État. Cette tentative vient d'échouer, le juge des référés ayant rejeté sa demande.
Il reste à Francis Lalanne une dernière carte : la saisine de la CNCCFP elle-même, qui pourrait théoriquement réexaminer son dossier. Mais la commission n'a toujours pas répondu, et le temps presse considérablement. Le dépôt des listes en préfecture du Rhône doit s'achever le 26 février, soit dans à peine deux semaines.
Du côté de Spartacus, on ne semble guère s'émouvoir. Michel Dulac assume avec franchise : « On le maintient, ça fait le buzz ! », confiait-il récemment à la Tribune de Lyon. Une stratégie de communication qui en dit long sur les véritables motivations de cette candidature.
Parallèlement, Francis Lalanne a saisi l'Arcom, estimant que Jean-Michel Aulas, autre candidat déclaré aux municipales lyonnaises, bénéficiait d'une exposition médiatique disproportionnée. Une démarche qui témoigne de la volonté du chanteur de rester dans le jeu politique lyonnais, même depuis les tribunes.
La campagne des municipales lyonnaises de 2026, déjà marquée par la candidature médiatique de Jean-Michel Aulas, aura donc aussi connu cet épisode singulier : celui d'un chanteur engagé, figure des mouvements antivax et des gilets jaunes, venu s'échouer sur le mur du droit électoral.