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France: allocation sociale unique : cette réforme qui pourrait faire 4 millions de perdants

Une révolution silencieuse se prépare dans le paysage des aides sociales françaises. Le gouvernement dévoile son projet d'allocation de solidarité unifiée, qui fusionnerait le RSA, la prime d'activité et les APL au sein d'une prestation unique. Mais derrière cette promesse de simplification, les experts tirent la sonnette d'alarme : jusqu'à 4 millions de Français pourraient y perdre si la réforme se fait à budget constant. Un scénario qui rappelle dangereusement l'échec britannique du Universal Credit.

Chaque année, un constat alarmant se répète : des millions de Français éligibles à des aides sociales ne les réclament pas. Ce phénomène, appelé "non-recours", représente des milliards d'euros non distribués et autant de situations de précarité qui perdurent. Face à cette réalité, l'exécutif souhaite harmoniser le calcul des prestations via une plateforme numérique centralisée.

Le principe est aussi simple qu'ambitieux : regrouper plusieurs aides en un seul versement, effectué à une date commune. La prime d'activité, le RSA et les APL pourraient ainsi être fusionnés dans cette allocation unifiée. L'objectif affiché est de garantir que la reprise d'emploi soit toujours plus rémunératrice que l'inactivité.

Le spectre de l'échec britannique

Mais cette réforme n'est pas sans risques. Le Royaume-Uni a tenté une expérience similaire avec le Universal Credit, fusionnant six allocations en une seule. Le résultat a été catastrophique : retards de paiement massifs, erreurs de calcul en cascade, et des millions de foyers plongés dans la précarité pendant la transition. Les experts français craignent un scénario similaire si la France ne tire pas les leçons de cet échec.

La réforme ne part pas de zéro. Depuis le 1er janvier 2025, l'inscription automatique auprès de France Travail des demandeurs du RSA est entrée en vigueur. Plus significatif encore, la généralisation de la "solidarité à la source" est effective depuis le 1er mars 2025, avec des déclarations trimestrielles préremplies.

Les enjeux financiers sont considérables. Les crédits de la mission "Solidarité, insertion et égalité des chances" pour 2026 s'élèvent à 29,5 milliards d'euros. Mais c'est précisément là que le bât blesse : si la réforme se fait à enveloppe constante, les économies réalisées sur le non-recours serviront à financer les gagnants de la réforme, créant mécaniquement des perdants parmi les actuels bénéficiaires.

Selon les projections des experts, jusqu'à 4 millions de Français pourraient voir leurs allocations diminuer dans ce scénario. Une perspective explosive alors que le pays est déjà secoué par la colère agricole et les tensions sociales. Le projet de loi attendu pour décembre devra trancher cette question cruciale : simplifier sans appauvrir, un équilibre périlleux que le gouvernement peine encore à trouver.

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