Colère agricole : les tracteurs de la Coordination rurale envahissent Paris
Malgré les barrages policiers et les arrêtés préfectoraux interdisant la circulation des tracteurs, des agriculteurs de la Coordination rurale ont réussi à pénétrer dans Paris ce jeudi 8 janvier 2026. Plusieurs convois ont convergé vers la capitale pour faire entendre leurs revendications, certains atteignant les abords de la Tour Eiffel dans une démonstration de force symbolique.
Après plusieurs jours de tentatives infructueuses, une quinzaine de tracteurs a finalement réussi à rouler dans les rues de la capitale. Des agriculteurs venus de Bourgogne et de Franche-Comté sont parvenus à déjouer les dispositifs de sécurité mis en place autour de Paris. Deux tracteurs ont même été aperçus près de la Tour Eiffel, offrant des images spectaculaires qui ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux.
Le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, avait prévenu dès la veille que le mouvement atteindrait son objectif. « On aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris pour porter nos doléances », avait-il déclaré sur France Info. Une centaine de tracteurs s'acheminait mercredi soir vers la capitale, bravant les intempéries et les interdictions.
Des revendications multiples face à la crise agricole
Les agriculteurs mobilisés portent plusieurs doléances au gouvernement. En tête de leurs préoccupations figure la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie qui touche le bétail et entraîne l'abattage massif des troupeaux dès qu'un cas est détecté. Les manifestants réclament une vaccination généralisée et l'arrêt des abattages systématiques.
Le mouvement exige également un moratoire sur les contraintes réglementaires, la suspension des contrôles liés à la Politique agricole commune (PAC) et une réforme de la fiscalité agricole. Bertrand Venteau considère par ailleurs que la bataille contre l'accord de libre-échange avec le Mercosur est « perdue » et plaide pour un protectionnisme agricole renforcé aux niveaux français et européen.
Face à cette mobilisation, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait reçu les syndicats agricoles les 5 et 6 janvier, sans parvenir à apaiser la colère des exploitants. De nombreuses fermes « ne voient pas comment elles vont passer l'année », témoigne un agriculteur de l'Essonne, résumant le désarroi d'une profession qui se sent abandonnée. La Coordination rurale prévoit de manifester devant l'Assemblée nationale et le Sénat pour poursuivre la pression sur les élus.