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Tanger : un gérant de cybercafé arrêté pour trafic de faux diplômes

Les services de police de la préfecture de sécurité de Tanger ont procédé, mardi 10 février au soir, à l'arrestation d'un gérant de cybercafé pris en flagrant délit de falsification de diplômes académiques et de certificats scolaires. Une employée du même établissement a également été interpellée dans le cadre de cette affaire, qui met en lumière la persistance des réseaux de fraude documentaire au Maroc.

L'opération a été déclenchée après que les enquêteurs ont obtenu des informations sur des activités suspectes menées dans un cybercafé de la ville du Détroit. Le gérant de l'établissement est soupçonné d'avoir mis en place un véritable atelier de contrefaçon, utilisant le matériel informatique à sa disposition pour produire et commercialiser de faux diplômes, relevés de notes et certificats d'études. Ces documents falsifiés étaient destinés à être utilisés à des fins illégales, notamment pour des recrutements frauduleux ou des démarches administratives.

L'homme a été appréhendé en flagrant délit alors qu'il procédait à la fabrication de documents contrefaits. La poursuite des investigations a rapidement conduit à l'interpellation d'une femme, employée dans le même cybercafé, soupçonnée d'avoir facilité et participé activement aux opérations de falsification et de diffusion des documents.

Un arsenal de contrefaçon saisi par la police

Les perquisitions menées au sein du cybercafé ainsi qu'au domicile du principal suspect ont permis de mettre la main sur un matériel conséquent. Les forces de l'ordre ont saisi 48 diplômes et certificats scolaires falsifiés, accompagnés de relevés de notes contrefaits. Plus inquiétant encore, 41 faux cachets administratifs ont été découverts, ce qui laisse entrevoir l'ampleur du réseau et la diversité des documents que les suspects étaient en mesure de produire. Trois ordinateurs et trois imprimantes, outils centraux de cette entreprise frauduleuse, ont également été confisqués.

Le suspect principal a été placé en garde à vue, tandis que sa complice fait l'objet d'une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent. « Les investigations se poursuivent afin de déterminer l'ensemble des circonstances de cette affaire et d'identifier précisément tous les actes criminels susceptibles d'être reprochés aux personnes mises en cause », indique une source policière.

Un phénomène récurrent au Maroc

Cette affaire tangéroise n'est pas un cas isolé. Le trafic de faux diplômes reste un fléau persistant dans le royaume. En 2022, les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) avaient déjà démantelé un réseau similaire à Agadir, également dirigé par un gérant de cybercafé. Plus récemment, le ministre de l'Enseignement supérieur, Azeddine El Midaoui, avait évoqué devant le Parlement le scandale de la vente de faux diplômes universitaires, soulignant la nécessité de renforcer les dispositifs de coopération sécuritaire à l'échelle nationale.

Ces réseaux exploitent la demande de jeunes Marocains en quête d'emploi ou de démarches d'émigration, prêts à débourser des sommes conséquentes pour obtenir des documents qu'ils n'ont pas les moyens ou le temps d'acquérir légitimement. La multiplication des cybercafés équipés de matériel d'impression performant offre un terrain fertile à ce type d'activité criminelle, posant un défi croissant aux autorités marocaines.

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