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Alice Cordier et les réseaux néonazis lyonnais sous surveillance

Une photographie controversée montrant Alice Cordier, présidente du collectif Némésis, effectuant un geste évoquant les symboles SS avec un militant néonazi, a ravivé les débats sur les liens entre mouvance identitaire et extrême droite radicale. Cette affaire s'inscrit dans un contexte lyonnais marqué par la dissolution de Lyon Populaire en 2025 et la recomposition des réseaux néofascistes autour d'Audace Lyon.

La photo en question, diffusée sur les réseaux sociaux début mars 2026, montre Alice Cordier aux côtés d'un militant d'ultradroite, tous deux formant avec leurs doigts la lettre « S » stylisée rappelant les runes des Waffen-SS. Le journaliste Ricardo Parreira, spécialiste de l'extrême droite, a identifié l'auteur du cliché comme étant Gwendal Delange, ancien membre du groupuscule violent Lyon Populaire, actuellement combattant en Ukraine au sein du bataillon Azov.

Face à la polémique, Alice Cordier a justifié ce geste par une référence à un groupe de rap, évoquant une « blague » dans un bar de surfeurs. Toutefois, plusieurs responsables de La France insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon, Thomas Portes et Paul Vannier, ont déposé plainte sur le fondement de l'article 40 du Code de procédure pénale pour apologie de crimes de guerre. En riposte, l'avocate d'Alice Cordier a déposé 120 plaintes pour injures publiques, diffamation et incitation à la violence.

Lyon Populaire : dissolution et recomposition des réseaux néofascistes

Le groupuscule Lyon Populaire, dont était issu Gwendal Delange, a été dissous par décret en Conseil des ministres le 12 juin 2025. Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau avait engagé la procédure pour « apologie de la collaboration avec le nazisme » et « incitation à la haine, à la discrimination et à la violence envers les étrangers, les juifs et les personnes homosexuelles ».

Eliot Bertin, chef de Lyon Populaire, a été placé en détention provisoire en février 2024 après avoir été mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs, soupçonné d'avoir participé à l'attaque d'une conférence sur la Palestine dans le Vieux-Lyon le 11 novembre 2023. Malgré cette dissolution, les militants néofascistes lyonnais se sont regroupés au sein d'Audace Lyon, structure réactivée pour maintenir leur activisme politique.

La marche du 21 février 2026 : hommage apolitique ou démonstration d'ultradroite ?

Le 21 février 2026, environ 3 200 personnes ont défilé à Lyon en hommage à Quentin Deranque, militant identitaire décédé après une altercation violente. Bien que la famille ait souhaité un rassemblement « sans expression politique », la manifestation a rapidement pris une tournure politique marquée. Des saluts nazis, des injures racistes et homophobes ont été observés dans le cortège, conduisant à l'ouverture de deux enquêtes pour apologie de crimes contre l'humanité.

La présence visible de figures comme Alice Cordier et de militants d'Audace Lyon a donné un contenu politique explicite à cet hommage. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, avait qualifié l'événement de « véritable manifestation fasciste dans les rues » et réclamé son interdiction, en vain. Cette marche illustre la stratégie de légitimation progressive des réseaux d'ultradroite, qui instrumentalisent des drames personnels pour normaliser leur présence dans l'espace public.

Paradoxalement, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau avait salué en janvier 2025 le « combat » du collectif Némésis, s'adressant personnellement à Alice Cordier : « Félicitations pour votre combat. Vous savez que j'y suis très proche ». Cette bienveillance ministérielle contraste avec la dissolution de Lyon Populaire quelques mois plus tard, soulevant des interrogations sur la cohérence de la politique gouvernementale face aux mouvances d'extrême droite radicale.

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