Yvan Sorel, champion de MMA, annonce avoir obtenu la nationalité algérienne
Le champion français de MMA Yvan Sorel a annoncé ce dimanche 12 janvier avoir obtenu la nationalité algérienne. Une nouvelle partagée avec émotion lors d'une émission sur BFM Marseille, en hommage à l'entraîneur de football Rolland Courbis, décédé le même jour.
C'est sur le plateau de BFM Marseille, venu rendre hommage au regretté Rolland Courbis, qu'Yvan Sorel a choisi de partager cette nouvelle symbolique. "Je remercie le consulat algérien et le président Tebboune qui m'a octroyé ma double nationalité ce week-end, je la dédie à Roland aussi qui est parti trop tôt et qui aimait Marseille et son côté cosmopolite", a déclaré le combattant visiblement ému.
Né en 1987 à Marseille d'un père polonais et d'une mère algérienne, Yvan Sorel a toujours affiché son attachement profond à l'Algérie. Tout au long de ses vingt années de carrière dans les arts martiaux mixtes, il a porté des tatouages à l'effigie du pays de sa mère. Mais jusqu'à présent, cet attachement restait symbolique.
« Algérien dans le cœur, Algérien dans la peau »
"J'ai été pendant 39 ans un Algérien sans papiers, mais Algérien dans le cœur, Algérien dans la peau, avec mes tatouages à l'effigie de l'Algérie. Mais aujourd'hui, l'Algérie est aussi dans mes documents et ça, ça change tout", a confié le sportif. Il a dédié cette double nationalité à sa mère, à son histoire et à ses racines, tout en adressant un message cinglant "à tous les racistes de France et de Navarre".
L'hommage à Rolland Courbis n'était pas anodin. L'entraîneur marseillais, décédé ce lundi 12 janvier, avait dirigé l'USM Alger entre 2012 et 2013. "Il aimait vraiment ce peuple", a rappelé Yvan Sorel, soulignant le lien particulier que Courbis entretenait avec l'Algérie et la communauté méditerranéenne.
Un parcours entre les rings et les quartiers
Surnommé "The Terrible", Yvan Sorel est une figure emblématique du MMA français. Champion de France de MMA et de pancrace, il cumule 18 victoires professionnelles. Mais son combat le plus important se déroule en dehors des rings, dans le 3ème arrondissement de Marseille, l'un des plus défavorisés d'Europe.
Depuis 2004, il dirige la Team Sorel, une salle de sports de combat installée rue André Chamson, dans le quartier de la Belle de Mai. Chaque soir, il y transmet ses valeurs à des licenciés de 4 à 77 ans. Son travail a été immortalisé dans le documentaire "Spartiates" de Nicolas Wadimoff, qui a révélé son engagement auprès des jeunes des quartiers.
Parallèlement à sa carrière de combattant et d'éducateur, Yvan Sorel s'est fait un nom au cinéma comme cascadeur et acteur. On l'a vu dans "Bronx" d'Olivier Marchal, la série Netflix "Caïd" ou encore "Overdose" sur Amazon Prime Video. À l'image de Kaylia Nemour, autre sportive franco-algérienne qui brille sur la scène internationale, Yvan Sorel incarne cette double culture méditerranéenne.
Cette annonce intervient dans un contexte particulier, alors que l'Algérie a récemment adopté une nouvelle loi sur la déchéance de nationalité visant les binationaux considérés comme hostiles au pays. Pour Yvan Sorel, l'identité est une richesse : "Aujourd'hui, maman, j'espère que tu es fière. Ce moment est pour toi."