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À Alger, un colloque international rend hommage à Hocine Aït Ahmed, figure majeure de la lutte pour la liberté

Il aurait eu cent ans cette année. Cent ans d’une vie qui aura traversé le siècle algérien, entre révolution, exil et idéal démocratique. À Alger, les 17 et 18 janvier 2026, chercheurs, historiens, militants et amis de la liberté se retrouveront pour un colloque international consacré à Hocine Aït Ahmed, sous le titre « Trajectoire d’un combat politique et héritage d’une œuvre intellectuelle (1926-2026) ». Un rendez-vous organisé à l’École supérieure d’hôtellerie et de restauration d’Alger (ESHRA), sur la route nationale d’Aïn Benian, à l’initiative du Front des forces socialistes (FFS), parti qu’il fonda en 1963.

Figure tutélaire du mouvement national et infatigable défenseur du pluralisme, Aït Ahmed incarne une certaine idée de l’Algérie : celle d’un pays libre, ouvert, réconcilié avec lui-même. « Sa voix portait plus loin que la politique. Elle parlait à la conscience collective », confie un ancien compagnon de route du FFS.

De la résistance à l’héritage démocratique

Le colloque, intitulé Hocine Aït Ahmed : Trajectoire d’un combat politique et héritage d’une œuvre intellectuelle (1926-2026), s’annonce comme l’un des événements intellectuels majeurs de ce début d’année. Dès la cérémonie d’ouverture, Mustapha Ben Jaâfar, président d’honneur de l’Internationale socialiste et ancien président de l’Assemblée constituante tunisienne, donnera le ton avec une conférence inaugurale : « Hocine Aït Ahmed : résistant, diplomate et promoteur de la démocratie ».

Car Aït Ahmed, c’est à la fois le chef de l’Organisation spéciale dès 1947, le diplomate du GPRA, le fondateur du Front des forces socialistes en 1963, et le penseur d’un pluralisme politique algérien encore en quête de maturité. Son nom reste associé à une vision lucide du destin national, mais aussi à un courage rare. « Il a défendu la démocratie même lorsqu’elle semblait perdue d’avance », rappellera sans doute un intervenant.

Les organisateurs ont voulu un hommage vivant, ouvert à toutes les générations. Historiens, chercheurs, universitaires et acteurs du monde politique y apporteront leurs analyses : Benjamin Stora, Ali Guenoun, Tassadit Yacine, Gilles Manceron, Mostefa Bouchachi, Slimane Benaïssa ou encore Mustafa Barghouthi. Trois grandes sessions rythmeront ces deux jours : de l’émergence d’un leader historique à l’engagement démocratique, jusqu’à l’œuvre intellectuelle d’un homme de conviction.

Moment symbolique : la baptisation du siège national du FFS au nom de Hocine Aït Ahmed, le samedi 17 janvier à 17h, au 56 avenue Souidani Boudjemaa, à El Mouradia. Un geste fort, à la mesure de son héritage politique.

« Nous voulons que cette commémoration ne soit pas un simple regard vers le passé, mais une invitation à penser l’avenir », explique un membre du comité d’organisation. Car l’héritage d’Aït Ahmed, c’est d’abord celui d’un humanisme actif — un engagement pour la paix civile, la réconciliation, le dialogue et la dignité.

Programme du colloque

HOCINE AÏT AHMED : TRAJECTOIRE D’UN COMBAT POLITIQUE ET HÉRITAGE D’UNE ŒUVRE INTELLECTUELLE (1926–2026)
📍 Alger, École supérieure d’hôtellerie et de restauration (ESHRA), Aïn Benian
📅 Samedi 17 et dimanche 18 janvier 2026

Samedi 17 janvier 2026 – Session d’ouverture
08h30 – Accueil des participants
09h30 – Cérémonie d’ouverture
10h00 – Conférence inaugurale : Mustapha Ben JaâfarHocine Aït Ahmed : résistant, diplomate et promoteur de la démocratie
10h30 – Pause café

Session #1 : Émergence d’un leader historique du mouvement national
Modération : Samir Ghezlaoui
11h00 – Mohamed Lahcen Zeghidi : Enfance et jeunesse de Hocine Aït Ahmed
11h25 – Benjamin Stora : Le rôle d’Aït Ahmed après les massacres du 8 mai 1945
11h50 – Amar Mohand-Amer : Pensée révolutionnaire et Organisation spéciale
13h00 – Pause déjeuner
14h00–15h40 – Interventions d’Ali Guenoun, Ouanassa Siari Tengour, Fouad Soufi et Mostefa Bouchachi
17h00 – Baptisation du siège national du FFS au nom de Hocine Aït Ahmed

Dimanche 18 janvier 2026 – Session #2 : De la lutte anticoloniale au combat démocratique
Modération : Rachid Hammoudi
10h00–11h15 – Interventions de Gilles Manceron, Aïssa Kadri, Smail Tahi
11h45 – Pause café
12h00–13h30 – Mélinda Seridj, Djamel Baloul et débat avec la salle

Session #3 : Un intellectuel au service des libertés et des pluralismes
Modération : Mélinda Seridj
14h30–16h10 – Interventions de Tassadit Yacine, Brahim Tazaghart, Nedjib Sidi Moussa, Slimane Benaïssa
17h00 – Conférence de clôture : Mustafa BarghouthiHocine Aït Ahmed, une trajectoire universelle pour la liberté

Plus qu’un hommage, cet événement se veut une redécouverte collective d’une pensée et d’un engagement, à l’heure où la mémoire algérienne cherche ses repères. Aït Ahmed n’a cessé de rappeler que « la démocratie n’est pas un luxe, mais une nécessité pour l’Algérie ». Un message que ce colloque entend faire résonner à nouveau, cent ans après la naissance d’un homme dont le combat demeure, plus que jamais, d’actualité.

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