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Saisie sur salaire 2026 : quel montant maximum peut-on vous prélever ?

Votre employeur vous informe qu'une saisie sur salaire va être effectuée sur votre rémunération. Combien peut-on réellement vous prélever chaque mois ? En 2026, le barème des saisies sur rémunérations a été revalorisé par le décret n° 2025-1299 du 24 décembre 2025. Voici tout ce qu'il faut savoir pour connaître vos droits et le montant maximum que vos créanciers peuvent retenir sur votre paie.

La saisie sur salaire, aussi appelée saisie sur rémunérations, est une procédure qui permet à un créancier de récupérer les sommes qui lui sont dues directement sur le salaire du débiteur. Contrairement à une idée reçue, l'employeur ne peut pas prélever la totalité du salaire. La loi protège le salarié en instaurant un barème progressif, semblable à celui de l'impôt sur le revenu, qui limite la fraction saisissable en fonction du niveau de rémunération.

Depuis le 1er juillet 2025, une réforme majeure a modifié la procédure. Ce n'est plus le juge de l'exécution qui autorise la saisie, mais le commissaire de justice (anciennement huissier) qui pilote désormais l'ensemble de la démarche. Cette simplification, issue de la loi du 20 novembre 2023, s'applique y compris aux procédures en cours.

Le barème 2026 : sept tranches progressives

Le décret du 24 décembre 2025 a revalorisé les seuils pour tenir compte de l'évolution de l'indice des prix à la consommation. Le calcul s'effectue sur la rémunération nette annuelle des douze mois précédant la notification, après déduction des cotisations sociales, de la CSG-CRDS et du prélèvement à la source. Voici les tranches mensuelles applicables depuis le 1er janvier 2026.

Pour un salaire net mensuel jusqu'à 373,33 euros, seul un vingtième peut être saisi. Entre 373,34 et 727,50 euros, la fraction saisissable passe à un dixième. De 727,51 à 1 083,33 euros, c'est un cinquième qui peut être retenu. Entre 1 083,34 et 1 435,83 euros, le quart du salaire est saisissable. De 1 435,84 à 1 789,17 euros, le tiers peut être prélevé. Entre 1 789,18 et 2 150,83 euros, ce sont les deux tiers. Au-delà de 2 150,83 euros mensuels, la totalité de la tranche excédentaire peut être saisie.

À titre d'exemple, un salarié percevant 1 800 euros nets par mois verra la quotité saisissable calculée tranche par tranche. Le montant maximum retenu avoisinera 390 euros, lui laissant environ 1 410 euros. Ce système progressif garantit que les plus bas revenus sont davantage protégés.

Le minimum insaisissable et les exceptions

Quel que soit le montant de la dette, le salarié doit obligatoirement conserver une somme au moins égale au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule, soit 646,52 euros par mois depuis le 1er avril 2025. Ce plancher est appliqué automatiquement par l'employeur, sans qu'aucune démarche ne soit nécessaire de la part du salarié.

Les seuils du barème sont par ailleurs majorés de 145 euros par mois pour chaque personne à charge. Sont considérés comme tels le conjoint, le partenaire pacsé ou le concubin dont les ressources sont inférieures au RSA, ainsi que les enfants ouvrant droit aux prestations familiales. Un salarié avec deux enfants à charge bénéficiera donc de seuils relevés de 290 euros par mois, réduisant d'autant la part saisissable.

Il existe toutefois une exception notable : les pensions alimentaires impayées. En vertu de l'article L. 3252-5 du Code du travail, « la totalité de la rémunération peut être saisie lorsqu'il s'agit d'une créance alimentaire ». Dans ce cas, seul le minimum vital de 646,52 euros reste garanti au salarié.

Pour estimer précisément le montant qui pourrait être prélevé sur votre salaire, le site service-public.fr met à disposition un simulateur officiel gratuit. Il suffit de renseigner sa rémunération nette mensuelle et le nombre de personnes à charge pour obtenir instantanément la quotité saisissable. Face à une procédure de saisie, les salariés disposent également de la possibilité de contester devant le juge de l'exécution ou de négocier un échéancier amiable avec leur créancier, une option souvent méconnue mais qui peut permettre d'alléger considérablement la pression financière.

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