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Charente : un policier mis en examen pour le viol d'une mineure et six agressions

Un policier de 45 ans, formateur au commissariat d'Angoulême, a été mis en examen et placé en détention provisoire ce vendredi 16 janvier 2026. L'homme a reconnu avoir violé une adolescente de 17 ans en janvier 2025 et tenté d'enlever cinq autres femmes ces derniers mois, les menaçant à l'arme à feu avec ces mots glaçants : « Monte, ou je te bute ».

L'affaire a éclaté le 6 janvier dernier lorsqu'une femme de 60 ans a été violemment agressée à Nersac, en Charente, vers 7 heures du matin. « L'homme était arrivé dans son dos, l'avait fait chuter et lui avait ordonné de le suivre en montant dans sa voiture », a précisé le parquet d'Angoulême. La victime a réussi à sortir un canif et à mettre son agresseur en fuite. Cette résistance courageuse a permis aux enquêteurs de remonter jusqu'au suspect grâce aux images de vidéosurveillance et aux données de géolocalisation téléphonique.

Le policier a été interpellé le mardi 14 janvier à son domicile de Nersac. Lors de sa garde à vue, il a d'abord nié les faits avant de reconnaître l'ensemble des six agressions, « confronté aux éléments recueillis lors de l'enquête », notamment les résultats des prélèvements ADN effectués sur la scène du viol de janvier 2025.

Un mode opératoire méthodique et terrifiant

Les faits les plus graves remontent au 31 janvier 2025. Ce matin-là, une lycéenne de 17 ans se rendait à son arrêt de bus, situé à 300 mètres de son domicile à Nersac. Un homme cagoulé, armé d'un couteau, l'a contrainte à monter dans son véhicule avant de l'emmener dans un secteur boisé isolé où il l'a violée. L'adolescente a réussi à prendre la fuite.

Pendant près d'un an, l'enquête a piétiné. Mais entre novembre 2025 et janvier 2026, le suspect a multiplié les agressions selon un mode opératoire similaire : le 19 novembre 2025 à Nersac contre une femme de 61 ans, le 26 décembre à Saint-Michel contre une jeune femme de 19 ans, le 1er janvier 2026 à Angoulême contre une femme de 53 ans, et le 5 janvier à Gond-Pontouvre contre une jeune femme de 18 ans.

À chaque fois, le suspect approchait ses victimes en voiture, baissait sa vitre, le visage partiellement dissimulé, et pointait une arme de poing en prononçant sa menace. Toutes ces femmes ont réussi à s'échapper.

Un formateur au tir avec accès aux armes

Le profil du mis en cause a stupéfait ses collègues. Âgé de 45 ans, il occupait depuis plusieurs années le poste de formateur technique de sécurité et d'intervention au commissariat d'Angoulême. Bien qu'il ne soit pas chargé d'enquêtes, ses fonctions lui donnaient un accès direct aux armes lors des entraînements de tir des policiers.

Le suspect est poursuivi pour « tentatives d'enlèvement » concernant les cinq agressions récentes, et pour « enlèvement, séquestration pour faciliter un crime, agression sexuelle avec arme et viol avec arme » concernant les faits du 31 janvier 2025. Le viol aggravé sur mineure de plus de 15 ans avec usage d'une arme est passible de vingt ans de réclusion criminelle.

Cette affaire rappelle l'importance de la vigilance face aux violences faites aux femmes, y compris lorsqu'elles émanent de ceux censés les protéger. Le parquet d'Angoulême n'a pas exclu la possibilité que d'autres victimes se manifestent dans les semaines à venir.

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