France: Jean-Marc Morandini définitivement condamné pour corruption de mineurs
La Cour de cassation a mis un terme définitif à l'affaire judiciaire de Jean-Marc Morandini. Ce mardi 13 janvier 2026, la plus haute juridiction française a rejeté le pourvoi de l'animateur de CNews, confirmant ainsi sa condamnation pour corruption de mineurs. Une décision qui clôt près d'une décennie de procédure judiciaire.
L'animateur de 60 ans, figure controversée du paysage audiovisuel français, avait formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris rendu le 21 mars 2025. La Cour de cassation a estimé qu'aucun moyen n'était de nature à remettre en cause cette décision, validant ainsi définitivement la condamnation.
La peine prononcée est désormais irrévocable : deux ans de prison avec sursis probatoire, assortis d'une obligation de soins et d'une amende de 20 000 euros. Jean-Marc Morandini fait également l'objet d'une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs et d'une inscription au FIJAIS, le fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles.
Des faits s'étalant sur plusieurs années
L'affaire remonte à des échanges survenus entre 2009 et 2016. L'animateur avait été reconnu coupable d'avoir envoyé des messages et des demandes à caractère sexuel à trois adolescents. Parmi les faits les plus graves, il lui était reproché d'avoir demandé à un jeune de 16 ans de se dénuder lors d'un prétendu « casting » pour un film qui n'a jamais été tourné.
En première instance, en décembre 2022, le tribunal correctionnel de Paris avait prononcé une peine d'un an de prison avec sursis. Jean-Marc Morandini avait alors fait appel, mais la cour d'appel s'était montrée plus sévère, alourdissant la sanction à deux ans de prison avec sursis. « Cette décision est particulièrement injuste », a réagi l'animateur dans un communiqué, annonçant étudier avec ses avocats la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l'homme.
CNews maintient l'animateur à l'antenne
Au lendemain de cette condamnation définitive, le groupe Canal+ a pris position. Gérald-Brice Viret, directeur général pour la France, a déclaré jeudi 15 janvier que la chaîne « assume complètement » le maintien à l'antenne de Jean-Marc Morandini. Une décision qui suscite de vives réactions dans le monde des médias et au-delà.
Cette affaire n'est pas la seule à laquelle l'animateur doit faire face. En janvier 2025, il avait également été condamné en appel à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel à l'encontre d'un jeune comédien. Cette condamnation faisait suite à des faits survenus entre juin et septembre 2015, lors des castings d'une websérie intitulée « Les Faucons » dont il était le producteur. Un pourvoi en cassation a été déposé dans ce dossier, mais n'a pas encore été examiné.
La décision de la Cour de cassation s'inscrit dans un contexte où la justice française prononce de plus en plus de condamnations définitives contre des personnalités médiatiques, comme ce fut le cas récemment avec Éric Zemmour, condamné définitivement pour provocation à la haine. Ces affaires mettent en lumière les questions de responsabilité des chaînes de télévision dans le maintien à l'antenne de présentateurs condamnés par la justice.