Municipales 2026 : Mohed Altrad dévoile ses propositions pour Montpellier
Le milliardaire franco-syrien Mohed Altrad, propriétaire du Montpellier Hérault Rugby, a officialisé ce jeudi 15 janvier 2026 sa candidature aux élections municipales de Montpellier. Devant près de 600 personnes, l'homme d'affaires de 77 ans a dévoilé un programme social ambitieux, six ans après sa première tentative infructueuse.
La salle était comble au sud de Montpellier pour accueillir celui qui avait obtenu 18,12 % des suffrages au second tour en 2020, terminant troisième derrière Michaël Delafosse et Philippe Saurel. Cette fois, le patron du groupe Altrad, qui emploie 42 000 personnes dans le monde, entend bien conquérir l'Hôtel de Ville. « Cette ville a besoin qu'on la relève », a-t-il lancé à ses soutiens.
Au cœur de son programme, l'emploi occupe une place centrale. Mohed Altrad promet de créer 30 000 emplois en cinq ans pour faire de Montpellier une ville « zéro chômeur ». Une ambition colossale pour cette métropole où le taux de chômage reste préoccupant. Le candidat s'engage également à maintenir la gratuité des transports en commun, un acquis qu'il refuse de remettre en question.
Un programme social généreux
Sur le volet social, les propositions du milliardaire d'origine syrienne se veulent ambitieuses. La cantine scolaire sera gratuite pour tous les enfants de la ville, sans conditions de ressources. Concernant le logement social, qu'il qualifie de « tremplin et non de prison », Mohed Altrad prévoit d'en doubler le nombre tout en permettant aux locataires présents depuis quinze ans d'accéder à la propriété.
La sécurité figure également parmi ses priorités. Le candidat souhaite doubler les effectifs de la police municipale et instaurer un couvre-feu à 22 heures pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés. « Pas pour punir, mais pour protéger », a-t-il précisé, conscient que cette mesure pourrait susciter des débats.
Sur le plan environnemental, Mohed Altrad a annoncé l'abandon du projet de chaudière CSR, source de vives tensions au sein de la majorité actuelle. « La santé des Montpelliérains ne se négocie pas », a-t-il affirmé. Il prévoit également une brigade municipale de propreté, un plan de végétalisation massive et des mesures anti-bouchons pour fluidifier la circulation.
Des soutiens politiques variés
Le meeting a réuni des personnalités politiques de différents horizons. Au premier rang, Patricia Mirallès, ancienne secrétaire d'État aux Anciens Combattants, le sénateur gaulliste Jean-Pierre Grand et Stéphanie Janin, ex-première adjointe de Philippe Saurel. Une coalition hétéroclite qui témoigne de la volonté du candidat de rassembler au-delà des clivages traditionnels.
Mohed Altrad a par ailleurs annoncé qu'il refuserait toute indemnité de maire, reversant l'intégralité de ses émoluments à des associations locales. Un geste symbolique de la part de celui dont la fortune est estimée à 3,4 milliards d'euros.
Le contexte judiciaire plane toutefois sur cette candidature. En décembre 2022, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné l'homme d'affaires à 18 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende pour corruption dans l'affaire Laporte. Son procès en appel est prévu en septembre 2026, soit six mois après les élections des 15 et 22 mars. Une échéance que ses adversaires ne manqueront pas de rappeler durant la campagne.