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CHU de Rennes : deux patients décèdent sur des brancards aux urgences saturées

Deux patients sont décédés dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 janvier 2026 aux urgences du CHU de Rennes, alors que le service était en situation de saturation extrême. Les syndicats pointent un défaut de surveillance, tandis que la direction de l'hôpital assure que ces décès n'ont aucun lien avec la tension actuelle.

La nouvelle a secoué le personnel soignant de l'hôpital Pontchaillou. Deux personnes ont perdu la vie sur des brancards, dans les couloirs d'un service d'urgences débordé. Ce drame intervient alors que le CHU avait déclenché un plan blanc dès le 6 janvier, face à une conjonction de facteurs : épidémie de grippe, grève des médecins libéraux, intempéries et accidentologie en hausse.

Les chiffres donnent le vertige. Le service des urgences, dimensionné pour accueillir 150 patients, a enregistré 250 passages en moyenne par jour la semaine précédente. Le lundi suivant les décès, ce sont 283 personnes qui ont afflué. Côté SAMU, les appels ont atteint 2 232 en 24 heures, contre 1 800 habituellement.

« Bienvenue en enfer »

C'est par ces mots qu'une aide-soignante a accueilli Lionel Lepagneul, secrétaire adjoint de la CGT du CHU de Rennes, venu constater la situation sur place. « Elle devait prendre en charge 29 patients en même temps », rapporte le syndicaliste. La CGT n'a pas mâché ses mots, dénonçant « deux décès par manque de surveillance » directement liés à la saturation du service.

Un infirmier ayant pris en charge l'un des patients décédés témoigne de conditions déplorables : « Il n'y avait pas de lit d'hospitalisation. Il n'y avait pas de lit palliatif disponible. Il est décédé au sein des urgences, dans un box, sur un brancard, avec 30 patients autour ». Le syndicat a également révélé que cinq octogénaires attendaient aux urgences depuis plus de 24 heures, et qu'un homme de 72 ans y était depuis plus de deux jours.

La direction conteste tout lien avec la saturation

Face à ces accusations, la direction du CHU a rapidement réagi. « Les premières investigations permettent d'indiquer que ces décès n'ont aucun lien avec la situation de tension », a-t-elle affirmé. L'établissement a précisé que « l'un des deux patients était dans le cadre d'une prise en charge en soins palliatifs », suggérant une issue malheureusement attendue.

La direction assure qu'une « analyse approfondie, conforme aux procédures qualité systématiquement mises en œuvre par le CHU », est en cours. Elle rappelle avoir ouvert 40 lits supplémentaires et rappelé du personnel pour faire face à l'afflux. Une nouvelle mesure a été prise ce mercredi : l'appel au 15 est désormais obligatoire avant de se rendre aux urgences.

Cette crise n'est pas isolée. Partout en France, les urgences hospitalières sont sous tension en ce début d'année. Dans les Bouches-du-Rhône, 17 médecins ont été réquisitionnés face à l'afflux de patients grippés. La grève des médecins libéraux, qui refusent de devenir de « simples exécutants administratifs », aggrave encore la situation en détournant les patients vers les hôpitaux publics.

Dans l'après-midi du lundi, les soignants de Rennes ont manifesté quelques minutes devant le service. Épuisés, ils disent craindre de commettre des erreurs médicales. « L'augmentation du nombre de patients augmente exponentiellement les risques », alerte un membre du personnel. Le malaise est profond dans un système hospitalier à bout de souffle.

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