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Alerte à la bombe au siège de LFI à Paris : locaux évacués, police sur place

Le siège national de La France insoumise (LFI), situé dans le 10e arrondissement de Paris, a été évacué ce mercredi 18 février 2026 après une alerte à la bombe. Le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard, a confirmé l'information en fin de matinée. Les services de police sont rapidement intervenus sur les lieux. Tous les salariés et militants présents dans les locaux ont été mis en sécurité.

C'est aux alentours de 11h20 ce mercredi matin que l'alerte a été donnée. « Le siège national de La France insoumise vient d'être évacué suite à une menace à la bombe. Les services de police sont sur place. L'ensemble des salariés et des militants sont en sécurité », a écrit Manuel Bompard dans une publication sur le réseau social X.

Selon le service de presse du parti, « il y avait quelques salariés à l'intérieur quand la police est arrivée. Tout le monde a dû sortir ». Une source proche du dossier a précisé qu'une « inspection des locaux pour levée de doute » était en cours dans la matinée. Les forces de l'ordre ont sécurisé le périmètre autour du bâtiment le temps des vérifications.

Un climat de tensions extrêmes après la mort de Quentin Deranque

Cette alerte à la bombe intervient dans un contexte politique particulièrement inflammable. Depuis la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, 23 ans, survenue samedi 14 février à Lyon, La France insoumise est sous le feu des critiques. Le jeune homme avait été violemment agressé jeudi soir par plusieurs individus cagoulés, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il est décédé des suites d'un grave traumatisme crânien.

Depuis vendredi soir, une vague de représailles vise les locaux du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Plusieurs permanences de militants et d'élus LFI ont été dégradées à travers la France, notamment à Lille, Metz, Castres, Bordeaux et Rouen. Dimanche 15 février, un colis suspect contenant une poudre blanche avait déjà été découvert devant un local LFI à Rennes, nécessitant l'intervention de pompiers spécialisés.

L'enquête sur la mort de Quentin Deranque a connu des avancées significatives ce mercredi matin. Un homme suspecté d'avoir un lien direct avec les violences, ainsi que sa compagne accusée de l'avoir aidé à se soustraire à la justice, ont été interpellés, portant à onze le nombre de personnes placées en garde à vue. Parmi les suspects figure un collaborateur du député LFI Raphaël Arnault, qui a rapidement annoncé avoir engagé « les procédures pour mettre fin à son contrat ».

La classe politique exige des comptes à LFI

Si la vice-présidente insoumise de l'Assemblée nationale, Clémence Guetté, a dénoncé un « cap franchi » en accusant ceux qui « utilisent le drame et la mort d'un jeune homme pour s'en prendre à la France insoumise », les pressions politiques ne cessent de s'intensifier sur le mouvement. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a demandé ce mercredi l'exclusion du député Raphaël Arnault du groupe parlementaire LFI. Jordan Bardella a estimé que ce dernier devrait « démissionner ».

La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait exhorté le mouvement de la gauche radicale à « faire le ménage » dans ses rangs. L'eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann a jugé « impensable » toute alliance avec LFI. L'ancien président socialiste François Hollande a abondé dans le même sens, déclarant qu'il « ne peut pas y avoir d'alliance » avec les Insoumis.

Cette crise politique majeure survient à moins d'un mois du premier tour des élections municipales. Elle semble compromettre durablement les perspectives d'ententes entre les différentes composantes de la gauche française. Pour l'heure, aucun lien formel n'a été établi entre l'alerte à la bombe de ce mercredi et l'affaire Deranque, mais le climat de tensions laisse craindre de nouvelles escalades dans les jours à venir.

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