Attentat de Trappes : le mort est Pengo Bossio Wangi, espoir du MMA de 26 ans
Pengo Bossio Wangi, 26 ans, combattant amateur de MMA, est la personne tuée vendredi 23 octobre 2026 à Trappes (Yvelines), selon Le Parisien. Le parquet national antiterroriste s'est saisi de cette attaque, qui a aussi fait cinq blessés à Trappes et La Verrière, et les enquêteurs examinent la piste raciste.
Selon Le Parisien, le jeune homme était un espoir français du MMA, qui rêvait de devenir professionnel. Il s'entraînait plusieurs fois par semaine à l'Atch Academy d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Son entraîneur, qui n'est pas nommé, le décrit ainsi : « Il avait toujours le sourire et parlait à tout le monde. »
La page « Champions » du club le répertorie sous le nom « BOSSIO WANGI Pengo », parmi les combattants amateurs, dans la catégorie des poids moyens. Son bilan affiché est de trois victoires et trois défaites.
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a indiqué que « la personne décédée est d'origine africaine ». Pour les autorités, les victimes de l'assaillant n'ont pas été choisies au hasard.
Une attaque d'environ un quart d'heure
Les faits se sont déroulés vendredi, vers 10h30 selon une source proche du dossier. L'assaillant, au volant d'une Clio grise, a d'abord tiré en rafales à l'arrêt de bus de la place Van Gogh, à Trappes. Il a ensuite fait feu près de la Poste, au square Pergaud, dans une station-service de la RN10 et devant une maison de santé.
Pengo Bossio Wangi a été abattu en pleine rue, square Pergaud, près d'une aire de jeux. Il s'agit de la première victime de l'assaillant, selon franceinfo. L'homme s'est ensuite rendu à La Verrière, où des tirs ont visé les abords d'une pharmacie, de la gare SNCF et la rue Marcel-Rivière.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que l'attaque avait duré « un petit quart d'heure ». Cinq policiers de la BAC de Saint-Quentin-en-Yvelines ont interpellé l'homme à Coignières, moins de dix minutes après les premiers appels au 17.
L'arme est un pistolet-mitrailleur de type Sten, probablement un Sten MK II selon France 24, une arme de catégorie A. Une bombe lacrymogène a été retrouvée dans le véhicule.
Cinq blessés, un suspect de 39 ans
Outre le mort, le parquet national antiterroriste (Pnat) dénombre cinq blessés. Une fillette de 12 ans a été touchée par huit balles à La Verrière et transportée à l'hôpital Necker. Selon France 24, son état a pu être stabilisé, alors que son pronostic vital était engagé plus tôt dans la journée. Sa mère a déclaré sur RTL : « La petite, elle n'a rien demandé. »
Un jeune homme de 21 ans est très grièvement blessé devant la station-service de Trappes. Deux agents d'entretien ont été touchés près d'une pharmacie de La Verrière ; leurs jours « ne sont plus en danger ». Des salariés d'une entreprise de nettoyage qui travaillaient dans une école ont porté secours aux blessés.
Le suspect, Kévin T., 39 ans, de nationalité française, réside à Plaisir (Yvelines) et a été placé en garde à vue. Selon le Pnat, « Son casier judiciaire porte trace de quatre condamnations réhabilitées de plein droit. » Il n'était pas connu des services de renseignement ni signalé dans la mouvance d'ultradroite.
À son domicile, les policiers ont constaté un piégeage : « trois bouteilles de gaz et de fils électriques connectés à un minuteur ». Le Raid a procédé au déminage. Sa mère, 66 ans, s'est présentée d'elle-même aux forces de l'ordre.
Les motivations de l'homme soupçonné restent à déterminer. Les enquêteurs examinent la piste raciste. Le Pnat retient notamment l'« assassinat en relation avec une entreprise terroriste », avec la circonstance aggravante liée « à l'appartenance réelle ou supposée de la victime à une race, une ethnie, une nation ou une religion ».
Laurent Nuñez a déclaré : « c'est clairement un crime terroriste ». Emmanuel Macron, en déplacement à Trappes, a évoqué un « tournant dans la vie de notre République et de notre nation » et affirmé : « Ces personnes ont été visées en raison de leur couleur et leur religion supposées ». Pour Ali Rabeh, il s'agit d'« objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe ».
Sur X, Emmanuel Macron a écrit que « la Nation » se tient « aux côtés » des victimes dans une « terrible épreuve ». Laurent Nuñez a aussi parlé d'un « acte extrêmement grave » et d'un « périple meurtrier ». Le maire de Trappes a précisé que le jeune homme de 21 ans, en urgence absolue, est « d'origine maghrébine ».
Cette attaque rappelle d'autres violences visant des personnes en raison de leur origine ou de leur religion supposée, comme la fusillade islamophobe de San Diego, qui a fait trois morts dans une mosquée, ou l'alerte lancée lors des marches contre l'islamophobie en France.